Quest-ce que Sanctuary?

Sanctuary est une websérie crée en 2007 par Damian Kindler et Martin Wood.

Producteurs exécutifs : Marc Aubanel, Damian Kindler, N. John Smith, Amanda Tapping, Martin Wood.

Cast
Amanda Tapping ........................................................................ Docteur Helen Magnus
Robin Dunne .......................................................................... Docteur Will Zimmerman
Emilie Ullerup ..................................................................................... Ashley Magnus
Christopher Heyerdahl .................................................................. Montague John Druitt
Bigfoot ..................................................................................................... Bigfoot

Introduction saison virtuelle

Disclaimer

Tous les personnages publiquement reconnaissables, les lieux, etc sont la propriété de leurs propriétaires respectifs. Les personnages originaux et l'intrigue sont la propriété de l'auteur. Ce travail n'est pas rémunéré. Aucun droit d'auteur n'est enfreint.

dimanche 18 juillet 2010

Episode 11 Webisode 3

1. Intérieur, nuit, laboratoire du Sanctuaire (flashback)

JOHN est allongé sur une table d’auscultation. HELEN est en train de lui faire une prise de sang. Concentrée sur sa tâche, HELEN relève la tête furtivement et croise son regard. JOHN la fixe avec passion. Il sourit, elle lui rend son sourire avec un air gêné.

HELEN

Vous essayez de sonder mes pensées ?

JOHN

Pardonnez-moi Helen, vous êtes si délicieusement concentrée que...

HELEN

Pourtant, il semblerait que vous fassiez tout pour me déconcentrer. Vos veines sont saturées John, j’ai vraiment beaucoup de mal à trouver une voie.

JOHN (souriant)

Vous vous débrouillez très bien.

JOHN et HELEN se sourient amoureusement. Elle termine sa tâche et s’apprête à se lever mais JOHN lui agrippe la main et l’attire à lui tout se redressant.

JOHN

Vous sentez ce battement dans ma poitrine ? Je vous dois la vie Helen.

JOHN fixe HELEN avec force. Elle lui sourit avec confusion. JOHN perçoit son trouble alors qu’elle tente de retirer sa main. JOHN la retient et l’observe avec curiosité.

JOHN

Qu’y a t il ? (pause) Je connais ce regard. Vous avez des regrets.

HELEN

La question n’est pas là.

JOHN (confus)

Non ? Alors où est-elle ? (pause) Je vous aurais moi-même contraint à me faire ces injections si j’en avais eu la capacité alors je vous en conjure, ne vous blâmez pas pour une décision qui aurait pu être la mienne.

HELEN s’apprête à répondre mais John l’arrête d’un mouvement de main.

JOHN

J’aurai vendu mon âme au diable sans une once d’hésitation afin de pouvoir vivre éternellement à vos côtés si ce choix m’avait été offert.

HELEN

Précisément John ! Une seule différence cependant, c’est moi et moi seule qui lui ai vendu nos âmes en changeant le cours des évènements ! Je suis allée trop loin.

JOHN

Trop loin parce que vous avez écouté vos sentiments ? Je crois que vous dramatisez. Nous ne sommes pas les interprètes d’une tragédie faustienne Docteur. Sachez toutefois que je n’aurai pas agis différemment s’il avait été également question de sauver votre vie.

HELEN

Vous ne comprenez pas ! Je suis médecin John…

JOHN (l’interrompant en souriant)

Un excellent médecin de surcroît.

HELEN

Je vous en prie… Je ne pouvais pas me résigner à vous laissez partir, c’était au-dessus de mes forces mais en agissant comme je l’ai fait j’ai violé toutes les règles de déontologie et d’éthique médicale qui m’ont été enseignées. Plus que cela, en contrôlant votre destin, j’ai peur de vous avoir condamné d’une autre manière.

JOHN (amusé)

Allons Helen, c’est tout à fait absurde ! Que croyez-vous avoir déclenché en me sauvant la vie ? Une apocalypse ?

HELEN détourne les yeux et se lève avec empressement. Elle se dirige vers son bureau sous le regard perdu de JOHN. Il l’observe avec un mélange d’incompréhension et de tristesse.

JOHN

Helen ?

JOHN se lève avec calme et s’approche d’HELEN qui le fixe avec tristesse et gravité.

HELEN (hésitante)

Je vais devoir modifier votre médication et l’adapter à votre état.

JOHN

Mon état ? Mais enfin de quoi parlez-vous ? (pause) Je vous en prie, dîtes-moi ce dont il s’agit, votre silence est une véritable torture.

HELEN l’observe longuement en hésitant. JOHN lui sourit avec compassion et douceur.

HELEN (soupirant)

Très bien. (pause) J’ai relevé de nouvelles anomalies en examinant les résultats de vos derniers examens.

JOHN

Des anomalies… Je vois. (pause) Quel genre d’anomalies ?

HELEN

Principalement fonctionnelles. En dehors d’une arythmie cardiaque et d’une hypertension, vos analyses sanguines révèlent de graves carences à plusieurs niveaux. Sous souffrez d’anémie, entre autre chose, et le taux de certaines de vos hormones est anormalement élevé.

JOHN (avec gravité)

Ce n’est pas une simple hausse de ma pression artérielle ou quelques carences qui vous inquiètent à ce point. (pause) Dites-moi la vérité Helen ! (pause) Dites-le moi ou bien dois-je l’exiger d’une autre manière ?

JOHN fixe HELEN avec rage. Elle semble effrayée, JOHN se détend immédiatement.

JOHN (souriant)

Comprenez que votre embarras a tendance à me rendre nerveux.

HELEN

Je ne suis pas embarrassée, je suis prudente. Aussi fascinant soit-il, je n’ai encore jamais étudié de cas similaire au vôtre et le fait que nous soyons intimes ne m’aide pas à rester objective.

JOHN

Vous n’avez jamais eu besoin d’être aussi circonspecte pour aborder le thème de mon anormalité.

HELEN

Ce n’est pas votre anormalité qui me préoccupe mais davantage les effets de l’injection que je vous ai faite dernièrement. (pause) Je crois qu’elle a profondément affectée votre physiologie ce qui pourrait avoir des conséquences imprévisibles et irréversibles sur le plan neuropsychologique.

JOHN

Qu’entendez-vous exactement par « irréversibles » ?

JOHN se dirige vers la fenêtre sous le regard inquiet d’HELEN. Il observe à l’extérieur avec calme.

HELEN

J’ai découvert que vos principaux neurotransmetteurs sont altérés ce qui a pour conséquence de progressivement détériorer certaines parties de votre cerveau. Sans faire davantage de tests je ne peux qu’émettre des hypothèses mais je suis convaincue que ces dommages sont consécutifs à l’administration du sérum qui vous a permis de demeurer en vie.

JOHN

Ce qui signifie en terme profane ?

HELEN

Que cette dégénérescence neurophysiologique affecte progressivement votre comportement et votre personnalité. Les signes associés sont multiples : troubles cognitifs ou affectifs, trouble de l’identité, hallucinations, délires paranoïaques, irritabilité, agressivité destructrice…

JOHN (flegmatique)

Avez-vous déjà ressenti la peur Helen ? Moi oui, le jour où j’ai regardé la mort droit dans les yeux et que j’y ai vu mon propre reflet. Savez ce que c’est de sentir la vie vous abandonner ?

HELEN s’apprête à répondre mais JOHN se retourne et l’interrompt d’un geste vif.

JOHN

D’abord vous avez l’étrange impression que le monde qui vous entoure s’éloigne implacablement de vous. À cet instant, vous sentez votre sang se glacer douloureusement dans vos veines. Vous essayez de hurler mais privé d’énergie, vous n’y parvenez pas. Très vite les ténèbres vous envahissent et vous engloutissent. Paralysé par l’angoisse, prisonnier de votre propre corps, vous commencez à suffoquer. Peu à peu, vous sentez le néant aspirer vos dernières forces jusqu’à ce que finalement il ne reste plus de vous qu’une vulgaire coquille vide. C’est une sensation singulière plutôt effroyable je puis vous l’assurer.

HELEN

John je…

JOHN (l’interrompant)

J’ai vécu mille tourments par désir de vivre avant de finalement laisser cette volonté m’abandonner tant la douleur m’était devenue insupportable. J’étais enfin libéré mais vous en avez décidé autrement en donnant une autre dimension à mon existence. Il n’y a pas de mots assez forts pour décrire ce que je ressens au fond de moi. Alors si je vous semble irascible, bien que je le regrette, je vous saurai gré de faire preuve d’un minimum de complaisance à l’égard d’une condition que vous avez vous-même provoquée !

JOHN fixe HELEN avec agressivité, le regard brillant. HELEN semble dépassée.

HELEN

Je crois que nous devons sans tarder parler d’un traitement.

JOHN

Sans tarder ? Je croyais que mon état n’avait rien d’inquiétant. Qu’est ce qui vous effraie Helen ? Est-ce moi… ou bien ce que je suis en train de devenir ?

JOHN lui sourit avec un air étrange. HELEN semble terrifiée.


2. Intérieur, nuit, cellule de John

JOHN émerge doucement de sa torpeur. Il murmure des phrases incompréhensibles et prononce plusieurs fois le prénom d’HELEN. Il la voit penchée au dessus de lui. Elle lui sourit en lui caressant le front. JOHN semble perdu, fronce les sourcils douloureusement.

HELEN (voix étouffée)

Ce traitement est inadapté. Il dérègle son métabolisme… Tout va bien John.

JOHN (faiblement)

Helen ? Est-ce toi ?

JOHN cligne plusieurs fois des yeux, sa vision s’éclaircie. Il voit alors que la femme penchée au dessus de lui n’est pas HELEN mais une jeune femme habillée en blouse blanche.

FEMME

Tout va bien, détendez-vous.

VOIX D’HOMME (ferme)

Assez perdu de temps ! Le professeur veut qu’il soit totalement conscient pour les prochains tests alors faites-lui cette injection !

FEMME

Comme vous voudrez mais je crois vraiment que c’est une erreur.

VOIX D’HOMME (ferme)

Je prends bonne note de votre remarque maintenant faites votre travail !

La femme procède à l’injection à contrecœur. JOHN ne comprend pas ce qui lui arrive.


3. Extérieur, nuit, route

Un van roule à vive allure.


4. Intérieur, nuit, van

HELEN, WILL, CATHERINE et HENRY observe un écran informatique sur lequel est affiché un plan. HENRY tapote sur le clavier.

HENRY

Le spectre du complexe n’est pas décelable via le satellite.

WILL

Ce qui signifie en langage clair ?

HENRY

Eh bien soit ce truc se trouve dans une dimension parallèle soit il bénéficie d’une couverture électromagnétique qui brouille la perception du signal.

WILL

Pitié, dis-moi que c’est la seconde solution.

HENRY (avec un large sourire)

Heureusement, la clé d’Ash contenait des coordonnées géographiques précises.

HELEN s’approche d’HENRY et se penche pour observer l’écran.

HELEN

Ashley ?

HENRY

D’après le scan, elle est déjà sur place, sa balise est fixe.

CATHERINE

Et Pierre ? Est-ce que tu as réussi à le localiser ?

HENRY

Je ne capte aucune signature énergétique toujours pour les mêmes raisons mais tout à l’heure j’ai quand même réussi à percevoir furtivement le signal de sa balise.

CATHERINE

Est-ce que… c’est bon signe ?

HENRY

En théorie.

WILL

En théorie ?

HENRY

Disons que tout dépend de la nature de l’implant. Les implants biométriques sont généralement couplés aux battements du cœur ce qui fait que si le porteur décède, la balise cesse immédiatement d’émettre. Si l’implant est mécanique, elle continuera d’émettre quoi qu’il arrive à l’hôte. Étant donné que j’ai pu intercepter le signal de sa balise, tous les espoirs sont permis. Une chose est sûre, sa fréquence est malheureusement trop faible pour déterminer précisément le lieu de la source d’émission. Mon problème actuel c’est d’arriver à le capter à nouveau et pour l’instant, l’écran il dit ballon.

HELEN lui pose sa main rassurante sur l’épaule d’HENRY et se saisit du walkie talkie.

ASHLEY (voix hors champ)

Maman ?

HELEN

J’écoute.

ASHLEY (voix hors champ)

Je suis en place. Magnez-vous un peu si vous ne voulez pas louper la fête.


5. Extérieur, nuit, abord du complexe

Une moto est arrêtée dans un coin sombre. Camouflée dans les buissons, ASHLEY est en train d’observer le bâtiment avec des jumelles infrarouge. STEVE est à ses côtés, immobile.

HELEN (voix hors champ)

Comment ça se présente ?

ASHLEY (chuchotant)

RAS. Il y a une entrée discrète côté au sud-ouest du complexe. L’endroit est plutôt désert alors quand vous serez à proximité de ma position, essayez de ne pas vous faire remarquer.

HELEN (voix hors champ)

Compris. (pause) Et de ton côté, pas d’initiative zélée. Terminé.

ASHLEY

Bien reçu. (à Steve) Pas d’initiative zélée ? Sérieusement, tu trouves que j’ai l’habitude de faire de l’excès de zèle ?

STEVE ne répond pas et se contente de hausser les épaules. ASHLEY secoue la tête en fronçant les sourcils et se relève discrètement pour disparaît avec STEVE dans l’obscurité.


6. Intérieur, nuit, cellule de John

JOHN s’éveille et se met en position assise en frottant ses membres endoloris. Il observe avec incompréhension sa cellule.


7. Intérieur, nuit, cellule d’Ernie

Visiblement énervé, ERNIE marche dans sa cellule avec empressement et vient donner un grand coup de pied dans la porte qui lui envoie une nouvelle décharge.

ERNIE (coléreux)

AÏEEEEEE ! BORDEL DE… AGHHHHHH

JOHN (voix hors champ)

Dites, vous pourriez cesser ce vacarme ? C’est assourdissant.

ERNIE

Quoi? C’est une blague ?

ERNIE s’approche de la porte et observe la cellule d’en face par la lucarne.

ERNIE

Euh… Je vais bien, merci de demander ! (pause) Vous êtes enfin réveillé ! Alléluia !


8. Intérieur, nuit, cellule de John

JOHN se lève difficilement en massant ses muscles et s’approche de la lucarne de façon à voir ERNIE par la sienne

JOHN

Combien de temps suis-je resté inconscient cette fois-ci ?

ERNIE

Vous trouvez que j’ai l’air d’une horloge parlante ? Okay… environ deux heures. (pause) Vous avez une idée de ce qu’on fait là ?

JOHN

Vous voulez dire à part servir de cobaye à des scientifiques peu scrupuleux ?


9. Intérieur, nuit, salles d’isolement

ERNIE (ironique)

De cobaye ? Ça c’est vraiment super… qu’est ce qui vous faire dire ça ?

JOHN

Probablement ce que je vois sur mes bras.

ERNIE

Je ne suis pas devin mon gars.

JOHN

Je parle des ecchymoses laissées par une vingtaine de piqûres d’aiguille.

ERNIE (ironique)

Je hais les injections. Vous voyez autre chose de marrant à raconter ?

JOHN

Le type couché à côté de moi me ressemblait trait pour trait et je n’ai pas de frère jumeau… est-ce est assez hilarant pour vous ?

ERNIE

On clone vraiment n’importe qui de nos jours… ou alors votre mère s’est payé votre tête et vous n’êtes pas fils unique. Peu importe, de toutes façons je n’ai pas l’intention de moisir ici.

JOHN

Je brûle d’impatience de voir comment vous allez vous y prendre pour sortir de votre cage.

ERNIE

Ça, j’en ai aucune idée… pour le moment… mais à deux on a nos chances.

JOHN

À deux ? Attendez, j’espère que vous plaisantez ?

ERNIE

Alors maintenant vous trouvez que j’ai une tête de comique ?

JOHN

Vous avez plusieurs fois testé la porte non ? Je pensais que les décharges que vous avez reçues avaient suffisamment refreiné vos envies d’évasion.

ERNIE

Écoutez, le truc de l’enfermement, c’est un petit jeu auquel j’aime jouer en privé et de préférence avec quelqu’un du sexe opposé enfin si vous voyez ce que je veux dire.

JOHN

Épargnez-moi les sordides détails de votre vie intime.

ERNIE

Après tout faites ce que vous voulez, moi, je ne resterai pas ici à attendre de me faire charcuter. (pause) Si seulement je pouvais me… (pause) Attendez une seconde…

JOHN

Qu’est-ce qu’il y a encore ?

ERNIE

Je savais bien que votre visage me disait quelque chose ! Vous êtes le type du parking, celui qui a ruiné mon tee-shirt préféré en jouant aux fléchettes sur ma poitrine.

JOHN

Perspicace et physionomiste. Je suis impressionné.

ERNIE

Je n’oublie jamais les cinglés qui kidnappent mes amies et qui se téléportent en me laissant pour mort.

JOHN

Habituellement ma cible succombe. Vous avez eu beaucoup de chance.

ERNIE

De la chance ? Attendez un peu que je sorte d’ici, Kojak ! C’est vous qui en aurez si je décide de vous achever d’un seul coup au lieu de vous regarder agoniser les tripes à l’air dans une mare de sang !

JOHN

Étant donné la situation je pense que vos menaces sont présomptueuses sans compter qu’elles pourraient fort bien se retourner contre vous. De plus il est inutile de vous montrer agressif.

ERNIE

Agressif ? Mais je suis très calme. Rendez-vous utile et faites donc votre machin au lieu de faire de l’esprit !

JOHN

J’ai peur de ne pas avoir saisi votre subtil sous-entendu.

ERNIE

Vous êtes plutôt long à la détente pour un psychopathe ! Téléportez-vous et sortez nous d’ici avant qu’ils nous transforment en animal de foire !

JOHN

Vous croyez vraiment que je suis du genre à rester les bras croisés en attendant les prochains sévices ? Réfléchissez bon sang !

ERNIE

Alors quoi ? Vous allez me dire qu’ils vous ont enlevé votre pouvoir ou un truc comme ça ?

JOHN

Un truc comme ça oui.

ERNIE

Vous vous foutez de moi ?

JOHN

Rien ne pourrait me faire plus plaisir mais je suis très sérieux. Les décharges que vous avez reçues ne sont pas dues à un simple courant électrique, elles résultent de la présence d’un champ de force inhibiteur.

ERNIE

Un champ de force ? Oui j’ai entendu un des types en parler… Ok, admettons… Alors c’est ce truc qui bloquerait votre pouvoir ?

JOHN

Je ne vois aucune autre explication. Quoi qu’il en soit, même s’il n’a pas été activé uniquement dans ce but, je suis dans l’incapacité de faire usage de mon don.

ERNIE

Donc vous ne servez à rien. Je ne suis pas surpris finalement. Bon eh bien on va devoir utiliser la bonne vieille méthode.

ERNIE et JOHN s’observent longuement. ERNIE sourit avec malice. JOHN soulève un sourcil inquisiteur.


10. Extérieur, nuit, abords du complexe

ASHLEY s’approche doucement de deux sentinelles qui patrouillent. Alertés, les deux hommes font soudain volte face et la braquent avec leurs armes. ASHLEY n’a pas le temps de réagir et reste paralysée. À cet instant STEVE surgit comme un diable et après quelques secondes parvient à les désarmer en les assommant.

STEVE

Tout va bien Ash ?

ASHLEY semble déstabilisée. Sans répondre, elle fait les poches des gardes et trouve une carte magnétique. HELEN, WILL et CATHERINE rejoignent ASHLEY qui s’approche d’une porte qui a un boîtier électronique sur le côté. Elle introduit la carte d’accès dans la fente mais la porte reste verrouillée et le boitier se met à émettre un léger bip.

ASHLEY

Merde !

WILL

Quoi ? Ce n’est pas la bonne carte ?

ASHLEY

Si mais il faut un mot de passe. Et on ne rentrera pas sans ça.

CATHERINE

On ne peut pas contourner le système ?

ASHLEY

Bien sûr mais si on le shunte, on prend le risque d’alerter la cavalerie.

HELEN

Très bien, alors qu’est-ce que tu préconises ?

ASHLEY

C’est simple, il faut trouver ce code si on ne veut pas que ça finisse dans un bain de sang.

WILL

On pourrait taper au hasard, avec un peu de chance on…

ASHLEY

T’es un marrant toi ! C’est un code à 8 caractères alphanumériques je te signale ! Tu as une idée du nombre de combinaisons que ça représente ?

WILL

Quoi tu es pressée par le temps ? Essayer c’est toujours mieux que de rester tranquillement les bras croisés à subir la situation non ?

ASHLEY

Épargne-nous ton charabia de psy Will. Le but de cette mission c’est de récupérer Pierre le plus rapidement possible et si possible sans attirer l’attention.

WILL

Et c’est incompatible avec le fait de taper des touches au hasard ?

ASHLEY

Okay je vais faire simple. En théorie un code erroné est perçu comme une manœuvre d’intrusion. Généralement, tu as droit à deux tentatives avant que tes erreurs ne verrouillent le système. Là, il s’agit d’un dispositif ultra sophistiqué, qui, j’en mets ma main à couper, se bloquera à la première erreur de saisie. Autrement dit, si tu échoues au premier coup, adios muchachos ! Imparable et efficace tu peux me croire

HELEN

C’est une excellente stratégie défensive, Henry a adopté un programme similaire pour assurer la protection passive du Sanctuaire.

CATHERINE

Nous avons exactement la même chose à Paris.

HELEN

Conclusion, nous ne pouvons pas nous permettre de courir le moindre risque en usant de manœuvres approximatives.

ASHLEY observe WILL avec un sourire en coin. HELEN fixe ASHLEY avec autorité en actionnant son émetteur récepteur.

HELEN

Henry ?


11. Intérieur, nuit, van

HENRY met sa main sur son oreille.

HENRY

J’écoute Doc.

HELEN (voix hors champs)

Le système de sécurité du complexe requiert un mot de passe pour déverrouiller la porte. Il nous faut le code afin de pouvoir y accéder.

HENRY

Okay, donnez-moi juste quelques secondes.

Henry tapote énergiquement sur son clavier. Plusieurs informations apparaissent sur son écran. HENRY reste concentré.


12. Extérieur, nuit, abords du complexe

ASHLEY, WILL, HELEN et CATHERINE observent les lieux avec inquiétude. ASHLEY semble particulièrement anxieuse. Préoccupée, HELEN se rapproche de sa fille.

HELEN

Est-ce que tout va bien ?

ASHLEY

Je donne l’impression du contraire ?

HELEN

Depuis que nous sommes arrivés, tu serres la crosse de ton pistolet à t’en faire blanchir les jointures des mains. Qu’est-ce qui te rend si nerveuse ?

ASHLEY

Rien du tout. J’essaye juste de nous éviter le cimetière.

HELEN

Très bien. Comment comptes-tu procéder une fois à l’intérieur ?

ASHLEY

Tous les complexes se ressemblent et d’après mon expérience, le plus rapide et le moins risqué c’est généralement de passer par les conduits de ventilation. Le hic c’est que ce complexe est protégé par un dispositif de brouillage électromagnétique qui neutralise tous les appareils de détection quelque soit leur portée. Autrement dit, lors de notre progression, il sera impossible d’anticiper quoi que ce soit.

HELEN

Alors nous improviserons.

À cet instant, le boîtier émet un bruit et la porte se met à coulisser. WILL et CATHERINE se mettent à couvert tandis qu’ASHLEY sort son arme. Elle indique à tout le monde de se taire puis avance à tâtons dans l’obscurité. Elle y disparaît quelques secondes puis ressort avec précaution. Elle s’adresse à voix basse à ses compagnons en restant à couvert.

ASHLEY

Voilà le plan. Silence total et aucune lumière directe. On progresse à vue et on communique par geste. J’ai repéré une bouche d’aération à quelques mètres. C’est par là qu’on va passer en progressant deux par deux…

WILL (l’interrompant)

Quoi !

ASHLEY (étonnée)

Quoi ?

WILL

Des conduits d’aération ? Tu veux dire des tunnels ? Des tunnels sombres ?

ASHLEY

Relax, ils sont suffisamment larges pour qu’on puisse y progresser sans ramper. Étant donné notre handicap matériel, on pourra voir sans être vus en prenant un minimum de risques.

WILL

Même si on ne devait y rester que quelques secondes, je refuserai d’y entrer.

ASHLEY

Je ne force personne Will. Tu peux rester ici, on se passera de ton aide.

HELEN

Ashley !

ASHLEY

Aucun de nous ne connaît les lieux mais je sais ce que je fais. Alors soit on procède comme je dis soit on arrête tout. À toi de décider maman.

HELEN

Will ?

WILL

Je suis claustrophobe ! Okay ? Je panique dès que je me trouve dans un espace sombre et exigu.

ASHLEY

Navrée pour toi mais ce n’est pas un voyage touristique avec excursions au choix. Si tu perds tes moyens on peut tous y rester alors si tu ne le sens pas, il vaut mieux pour tout le monde que tu ne viennes pas.

HELEN

Étant donné les risques encourus, je pense que c’est en effet la plus prudente des options. Attendez quelques minutes après que nous soyons tous entrés puis si vous ne voyez rien de suspect, retournez au van.

WILL

Très bien.

ASHLEY

Steve et moi on part en éclaireur. Comptez 60 secondes avant d’entrer à votre tour et n’utiliser la radio qu’en cas de pépin. Pour le reste on fait comme j’ai dit. Des questions ?

HELEN et CATHERINE secouent la tête tandis que WILL les observe avec déception. ASHLEY place son oreillette à son oreille droite et la tapote.

ASHLEY

Henry ? Tu me reçois ?

HENRY (voix hors champ)

Cinq sur cinq et je t’ai à l’écran. On communique comme d’hab. Au fait, n’oublie pas de disposer les micros émetteurs à un maximum d’endroits.

ASHLEY

Okay Henry. (pause) On se retrouve de l’autre côté, dans 60 secondes.

HELEN

Sois prudente.

ASHLEY fixe intensément sa mère puis prend une grande inspiration. Talonnée par STEVE, elle pénètre dans le complexe sous le regard inquiet d’HELEN, WILL et CATHERINE.


13. Intérieur, nuit, couloir

Deux gardes patrouillent à pied. Des gémissements de douleur se font soudainement entendre

GARDE # 1

C’est quoi ça ?

GARDE # 2

J’en sais rien. Ça vient des salles d’isolement !

Les gardes se précipitent en direction du bruit en brandissant leurs armes.


14. Intérieur, nuit, salles d’isolement

Les deux gardes entrent précipitamment et se dirigent vers l’endroit d’où proviennent les bruits suspects. Ils s’approchent de la cellule où se trouve ERNIE qui est en train de convulser.

JOHN (voix hors champ)

Vite ! C’est une crise d’épilepsie ! Aidez-le sinon il va mourir !

Le garde #1 se saisit de son talkie-walkie alors que le garde #2 s’approche de la porte.

GARDE #1

Code bleu secteur 17 ! Désactivez le champ de force et envoyez immédiatement une unité médicale ! Je répète, CODE BLEU !


15. Intérieur, nuit, cellule d’Ernie

Le garde #2 et le garde #1 entrent et s’agenouillent près d’ERNIE qui continue à convulser. ERNIE donne soudainement un violent coup de pied en pleine tête au garde #1 et l’assomme. Le garde #2 lui donne alors un coup de poing au visage. ERNIE légèrement sonné parvient à ramasser la matraque du garde # 1 et au moment où le garde #2 va se servir de son walkie talkie, ERNIE se rue sur lui, le plaque contre le mur et lui assène des coups qui l’assomment. ERNIE ramasse alors les armes des gardes et se précipite hors de la pièce.


16. Intérieur, nuit, salle d’isolement

Il s’approche de la cellule de JOHN et ouvre la porte.

ERNIE

Venez ! Ne traînons pas ici !

JOHN sort en boitant, incapable de courir. ERNIE l’aide à marcher. Des bruits de pas précipités se font entendre dans le couloir voisin.

ERNIE

Maintenant que le champ de force est désactivé, vous pourriez… enfin vous savez… faire votre truc ?

JOHN

Je vais essayer.

JOHN met sa main sur son épaule avec force.

ERNIE

Attendez ! Est-ce que c’est douloureux ?

JOHN lui adresse un sourire moqueur. ERNIE fronce les sourcils. Le flash de téléportation émet des sortes de grésillements au moment où des gardes font irruption dans la pièce en menaçants avec leurs armes.

GARDE #1

HALTE !

GARDE #2

NE BOUGEZ PLUS !

GARDE #3

Merde ! Il va se téléporter ! Réactivez le champ de force ! Tout de suite !

Au moment où le garde #1 tire un coup de feu, JOHN et ERNIE disparaissent dans un flash.


17. Intérieur, nuit, conduit d’aération

ASHLEY avance lentement et silencieusement dans le conduit obscur du complexe. STEVE la talonne avec prudence et couvre ses arrières. Au même moment une alarme se met à hurler et des gardes accourent dans les couloirs. ASHLEY s’immobilise devant une grille d’aération et observe le ballet affolé des sentinelles.

VOIX CYBERNETIQUE (voix hors champ)

Code rouge ! Deux prisonniers en fuite ! Demande renforts secteur 17 !

ASHLEY et STEVE échangent un regard interrogateur. Une fois les sentinelles éloignées, ASHLEY et STEVE reprennent leur progression et arrivent à une d’intersection. ASHLEY tapote son oreillette une fois.

HENRY (voix dans l’oreillette)

La source d’émission est à 200 mètres au sud de ta position. Prends à droite et continue tout droit jusqu’à la prochaine intersection. Là tu prendras à gauche sur environ 50 mètres. Tu devrais te trouver juste au dessus.

ASHLEY observe un instant le conduit puis se retourne vers STEVE qui l’observe. Elle fait une marque sur le sol, positionne quelques micros émetteurs et reprend silencieusement sa progression suivie de près par STEVE.


18. Intérieur, nuit, conduit d’aération

CATHERINE et HELEN avancent à tâtons. Elles s’immobilisent et observent à leur tour l’effervescence créée par l’évasion des deux prisonniers. Une fois le danger passé, elles reprennent leur progression.


19. Intérieur, nuit, van

HENRY est concentré sur son écran. Il suit la progression d’ASHLEY avec attention surveillant sa montre. La porte du van s’ouvre violemment. Henry sursaute, faisant valser son casque.

ERNIE

J’espère que la nana que tu espionnes est en petite tenue !

HENRY

Non mais t’es dingue ! J’ai failli avoir une attaque !

ERNIE

Ouais alors j’ai encore raté mon coup.

HENRY

Hilarant. Qu’est ce que tu fiches ici ?

ERNIE

Tu me manquais, j’avais envie d’un câlin.

HENRY

J’ai vraiment pas de temps à perdre avec tes conneries Ern.

ERNIE

Rabat-joie. Laisse-moi deviner, tu joues l’œil de Moscou pour Ash.

HENRY

Quelle perspicacité ! Elle est à l’intérieur du complexe.

ERNIE

Je peux t’aider, j’y étais il y a encore 10 minutes de cela.

HENRY

Tu me charries là.

HENRY fixe intensément ERNIE qui lui fait un large sourire. Quelqu’un frappe à la porte du van.

HENRY

Quoi encore ? C’est un vrai défilé !

WILL

C’est moi Henry je…

HENRY

Will ? Mais qu’est ce… Pourquoi tu n’es pas avec les autres ?

WILL

C’est sans importance crois-moi.

WILL entre dans le van et aperçoit ERNIE avec étonnement. Tout le monde s’observe avec curiosité.

WILL

Okay, je peux savoir ce qui se passe ?

HENRY

Bonne question. Comment tu t’y es pris pour sortir du complexe sans te faire tuer Ern ?

ERNIE

Eh bien, l’un de vous a-t-il déjà testé le mode « téléportation » ?

HENRY et WILL regardent ERNIE avec étonnement.


20. Intérieur, nuit, conduit d’aération

Immobiles, HELEN et CATHERINE écoutent et observent les sentinelles qui se pressent à quelques pas de leur position. Elles se fixent un instant avec une certaine inquiétude puis reprennent silencieusement leur progression dès que les sentinelles s’éloignent.


21. Intérieur, nuit, conduit d’aération

ASHLEY s’immobilise devant une grille. Elle fait signe à STEVE d’observer et d’écouter des voix étouffées qui proviennent de la pièce voisine.


22. Intérieur, nuit, laboratoire

Deux scientifiques sont en train de prodiguer des soins à un patient à l’intérieur d’une cage.

SCIENTIFIQUE #1

Il est rudement mal en point celui-là.

SCIENTIFIQUE #2

Ouais. Il ne tiendra pas longtemps dans cet état. Passe-moi la seringue.

SCIENTIFIQUE #1

Tiens. (pause) Franchement, j’en ai ma claque de tout ça.

SCIENTIFIQUE #2

De quoi tu parles Gus ?

GUS

Ce qu’on est en train de faire Ron, moi, ça me rend malade.

RON

Peut-être mais c’est notre boulot.

GUS

On s’acharne à le maintenir en vie, lui et tous les autres. Je ne comprends pas… ce traitement est tellement inhumain.

RON

Quoi ? Inhumain ? Non mais tu déconnes ! Je te rappelle qu’ils ne sont justement pas humains.

GUS

C’est une raison ? Ils sont encore moins bien traités que des chiens ! Ils ne servent plus la cause alors au lieu de leur faire subir ça, pourquoi ne pas simplement les relâcher dans la nature ?

RON

Pour qu’ils aillent tout balancer à la police? T’es dingue !

GUS

Sérieusement, qui croirait à leur histoire ? Et puis justement, étant donné leur condition, ils ont plutôt intérêt à rester discrets.

RON

Écoute, moi je ne pose aucune question, je me contente de faire ce qu’on me dit et tu ferais bien de faire pareil si tu ne veux pas te retrouver entre quatre planches.

GUS

Ce boulot me donne vraiment envie de gerber.

RON

Ce boulot te permet de faire bouffer ta famille Gus alors arrête de geindre, j’en ai marre de tes états d’âme. C’est bon, j’en ai fini avec lui.

Ils s’éloignent du patient qui se trouve être PIERRE et referment la porte de la cage.

ASHLEY (voix hors champ)

Salut les gars !

Les deux scientifiques font brusquement volte face. ASHLEY leur sourit avec un air espiègle les bras croisés sur sa poitrine. RON tente de s’enfuir mais il est intercepté par STEVE qui l’assomme. GUS regarde fixement ASHLEY et jette quelques coups d’œil discrets vers le boitier d’alarme qui se trouve à portée sur le mur.

ASHLEY

N’y pense même pas !

HELEN (voix hors champ)

Ashley ?

ASHLEY

D’après Henry, Pierre est ici.

HELEN et CATHERINE se précipitent vers les cages tandis qu’ASHLEY braque soudain son pistolet sur GUS.

ASHLEY

Ouvre les cages.

GUS

Okay, okay. Surtout ne tirez pas !


23. Intérieur, nuit, van

WILL s’assoit face à ERNIE.

WILL

Et tu n’as pas essayé de l’arrêter ?

ERNIE

Le type se volatilise dans la seconde, alors je te mets au défi mon pote !

WILL

Je sais. Désolé. C’est juste que… Avec Druitt hors de contrôle, nous sommes tous potentiellement en danger, y compris Ashley.

ERNIE

Dis-moi un truc que je ne sais pas déjà.

HENRY

En fait c’est peut-être pas une mauvaise chose qu’il soit dans les parages.

WILL

Tu as subis un lavage de cerveau dernièrement ? On parle de Druitt là !

HENRY

Je sais. J’ai dit à Ash qu’on ne doit pas lui faire confiance, même si c’est son père. Surtout parce que c’est son père en fait. Je maintiens qu’il ne faut pas mais peut-être qu’il a changé. J’ai confiance en Ash, elle sait ce qu’elle fait.

ERNIE

J’te l’ai déjà dit, les ondes électromagnétiques, ça vrille les neurones.

WILL

Okay… Henry, qu’est-ce qu’on ignore ?

HENRY

Qu’est ce qui te fait croire que je sais un truc que vous ignorez ?

ERNIE

Quand tu caches un truc, tu as un tic nerveux, tu te frotte l’oreille.

HENRY qui se touche nerveusement le lobe de l’oreille droite, s’empresse d’arrêter sous le regard amusé d’ERNIE.


24. Intérieur, nuit, laboratoire

GUS a terminé d’ouvrir les cages sous la menace d’ASHLEY tandis qu’HELEN et CATHERINE sont auprès de PIERRE. GUS fixe ASHLEY avec angoisse.

GUS

Vous n’allez pas me laisser partir n’est ce pas ?

ASHLEY

Je pense que tu connais la réponse.

GUS

Alors qu’est ce que… qu’est ce que vous allez faire ?

ASHLEY

J’espère simplement pour toi que ton seuil de résistance à la douleur est plus démesuré que mon imagination.

Inquiète, HELEN observe sa fille du coin de l’œil. ASHLEY croise son regard.

ASHLEY

Okay, disons que c’est ton jour de chance.

ASHLEY assomme violemment GUS puis s’approche de CATHERINE et HELEN qui auscultent PIERRE. CATHERINE serre sa main et semble désespérée. HELEN se relève.

ASHLEY

Comment va-t-il ?

HELEN

Il lui faut des soins de toute urgence et le matériel de cette pièce est inadéquat. Nous devons le sortir d’ici sans tarder sinon il va mourir.

ASHLEY

Steve va le transporter sur son dos.

HELEN

Non. Je soupçonne de graves lésions internes. Il faut le bouger le moins possible, nous devons le brancarder.

ASHLEY

Le brancarder ? Et tu comptes faire ça comment ? Tu réalises que si nous faisons cela, nous ne pourrons pas repartir par les conduits de ventilations !

HELEN

Oui Ashley, je sais.

ASHLEY

Maman, le complexe est sur vidéosurveillance permanente. Si nous sortons par les couloirs, nous n’arriverons jamais vivants jusqu’à la sortie.

HELEN

Pourtant nous devons essayer. (elle actionne sa radio). Henry ?

HENRY (voix hors champ)

J’écoute Doc.

HELEN

Est-il possible de neutraliser les caméras des couloirs de la zone où nous nous trouvons ?

HENRY (voix hors champ)

Euh…oui, c’est possible. Mais si je le fais, ça va très vite attirer l’attention.

HELEN

Fais-le ! Nous improviserons.

ASHLEY

Ben voyons…

CATHERINE

Attendez ! J’ai une idée qui pourrait nous éviter des ennuis.

ASHLEY

Je brûle d’impatience de la connaître.

CATHERINE

Observe à quel point le jeu des apparences peut altérer ta perception de la réalité.

CATHERINE se métamorphose soudain en une sentinelle à la mine patibulaire sous le regard ébahi d’ASHLEY. HELEN se met à sourire.

ASHLEY

Wow ! Un jour faudra m’expliquer comment tu fais ça.

HELEN

Récupérons les blouses de ces hommes. Steve, tu passes par les conduits de ventilation.

STEVE hoche la tête et s’approche du conduit tandis qu’ASHLEY et HELEN se vêtissent des blouses.


25. Intérieur, nuit, couloir

Une porte battante s’ouvre. CATHERINE, sous l’apparence du garde, avance en tête. Elle est suivie par ASHLEY et HELEN qui poussent le brancard sur lequel se trouve PIERRE. Tout le monde presse le pas. Des bribes de voix et des bruits de pas s’approchent de leur position.

HELEN (chuchotant)

Tout va bien, restons naturelles.

CATHERINE (anxieuse)

Rester naturel… d’accord… Okay… je suis naturelle… naturelle…

Trois gardes surgissent à l’intersection de couloirs et s’arrêtent brusquement. Ils regardent les trois personnes avec méfiance. CATHERINE s’avance vers eux d’un pas assuré.

CATHERINE

Salut les gars ! Tout va comme vous voulez ?

GARDE #1

Où est-ce que tu comptes aller comme ça ?

CATHERINE

Secteur 3. Ce prisonnier est transféré pour raison médicale. Il doit subir des tests de toute urgence.

GARDE #1

Nous avons un code rouge. Aucun transfert n’est autorisé.

CATHERINE

C’est le boss lui-même qui l’a ordonné.

GARDE #1

Je n’ai eu aucune connaissance de cet ordre.

CATHERINE

Écoute. Si ce patient n’est pas à destination dans les cinq minutes, tu lui expliqueras toi-même pourquoi il n’a pas obtenu satisfaction.

GARDE #2

C’est très inhabituel. Même en cas d’urgence on est toujours prévenu.

CATHERINE

Ouais eh bien peut-être que le boss n’a simplement pas souhaité vous rendre compte de sa décision. Qu’est ce que j’en sais moi ? Plaignez-vous à lui si ça vous chante n’empêche que ce transfert est prioritaire. Laissez-moi passer !

GARDE #1

J’aime pas trop le ton que tu prends. Je pourrais te rectifier un peu le portrait histoire que tu fasses moins l’arrogant. Si je commençais par tes dents ?

CATHERINE

Écoute, mon pote, je ne demande pas mieux que de te faire avaler les tiennes à grands coups de poing, mais tu vois, contrairement à toi, j’ai un boulot plutôt urgent à faire alors je te propose de continuer cette charmante conversation plus tard. Disons quand j’aurai du temps à perdre.

GARDE #1

T’as vraiment une grande gueule toi. T’imagine pas ce que tu vas recevoir.

CATHERINE

Houuu, j’ai peur dis donc ! Détends toi un peu, le stress c’est mauvais pour ton cœur.

Le garde #1 et CATHERINE se fixent avec une rage contenue. Les gardes #2 et #3 s’approchent du brancard et observent HELEN et ASHLEY avec un air suspicieux.

GARDE #2

C’est bon, Ray, laisse-les passer sinon ça va mal finir.

CATHERINE se tourne vers HELEN et ASHLEY et leur fait un signe de tête. Les gardes s’écartent, elles se remettent en route. ASHLEY sourit en secouant la tête. HELEN l’observe amusée.

ASHLEY (chuchotant)

« Te faire avaler les tiennes à grands coups de poing » J’adore !

CATHERINE (chuchotant)

Je crois que tu as une très mauvaise influence sur moi Ashley.

RAY

Une seconde !

Tout le monde s’immobilise et se tourne vers le garde #1. CATHERINE se met à souffler bruyamment.

CATHERINE

T’abandonnes jamais toi.

RAY

Personne ne va nulle part tant que je n’ai pas vu l’ordre de transfert. C’est le règlement.

GARDE #2

C’est ridicule. Merde Ray, laisse tomber.

RAY

Alors tu me le donne où faut-il que je vienne le chercher moi-même ?

ASHLEY

L’ordre de transfert… Oui… Attendez un instant… Il est dans ma poche…

HELEN (chuchotant)

Ashley ! Non !

Les gardes observent ASHLEY en train de sortir quelque chose de sa poche. HELEN semble inquiète. Ray s’approche d’ASHLEY. Dès qu’il est à sa portée, elle lui décoche un coup de poing qui l’assomme. Les gardes #2 et #3 sortent alors leurs armes au moment ou STEVE surgit de la grille de ventilation et se jette sur eux. Un coup de feu est tiré. HELEN et CATHERINE, qui a repris son apparence, se protègent mutuellement. ASHLEY dégaine alors son révolver et tire sur un des gardes qu’elle blesse à l’épaule.

ASHLEY

Ne restez pas là !

CATHERINE et HELEN se relèvent et commencent à s’éloigner. Alertés par les bruits de lutte, trois autres gardes viennent à la rescousse. ASHLEY fait un signe de tête à STEVE.

ASHLEY

Protège-les !

Il rejoint CATHERINE et HELEN et combat deux des gardes qu’il arrive à neutraliser. À cet instant, une nouvelle personne se jette dans la bagarre et combat le troisième garde sous le regard ébahit d’HELEN.

HELEN

John ?

ASHLEY

PARTEZ ! MAINTENANT !

JOHN

Fais ce qu’elle dit Helen !

JOHN accourt auprès d’ASHLEY et se met à combattre les gardes à ses côtés. ASHLEY se tourne à nouveau vers sa mère.

ASHLEY

ALLEZ ! ALLEZ !

HELEN échange un dernier regard avec sa fille avant de croiser celui de JOHN qui lui adresse un sourire rassurant. HELEN et CATHERINE poussent le brancard sous l’escorte de STEVE pendant qu’ASHLEY et JOHN combattent les derniers gardes. Tout en avançant, HELEN jette un dernier regard derrière elle avant de passer une porte battante. Elle voit sa fille combattre aux côtés de son père. CATHERINE pose sa main sur son épaule et la ramène à la réalité. Elles s’observent un instant puis pressent le pas.


26. Intérieur, nuit, van

Les garçons sont en train de discuter lorsqu’une voix les interrompt.

HELEN (voix hors champ)

HENRY ! Entrée du complexe ! MAINTENANT !

WILL et HENRY s’observent furtivement puis HENRY démarre le van en trombe. Il fait plusieurs centaines de mètres avant d’arriver à l’entrée du complexe. HENRY stoppe le van en faisant crisser les pneus. HELEN et CATHERINE arrivent précipitamment avec le brancard. WILL, descend du van pour aider CATHERINE avec le brancard tandis qu’ERNIE se rue à l’extérieur pour braquer un fusil à pompe en direction de l’entrée du complexe.

ERNIE

Ashley n’est pas avec vous ?

HELEN et CATHERINE échangent un regard angoissé. ERNIE fronce les sourcils.

ERNIE

Doc ?

HELEN

Il faut partir maintenant, l’état de Pierre empire de minutes en minutes.

ERNIE

On attend pas Ashley ?

Au moment où HELEN va répondre, ERNIE distingue une forme qui fonce sur eux, il pointe son arme dans sa direction en tirant HELEN par la manche pour la protéger.

ERNIE

Woa ! On a de la visite !

HELEN se tourne avec angoisse vers la silhouette qui émerge de l’entrée tandis qu’ERNIE arme son fusil. STEVE vient les rejoindre. ERNIE baisse son arme. HELEN s’avance l’air inquiet.

ERNIE

Content de te revoir mon vieux.

HELEN

Où est Ashley ?

STEVE fait un signe de tête en direction du complexe. HELEN semble inquiète.

ERNIE

Bon j’ai compris, je vais la chercher !

STEVE

Attends Ern ! Tout va bien, son père est avec elle.

ERNIE

Quoi ! Druitt est avec vous ?

HELEN

C’est bien cela le problème.

STEVE

Je ne pensais pas que c’en était un…

WILL (à ERNIE)

Je croyais que le champ de force avait été réactivé juste après votre téléportation.

HELEN

Qu’avez-vous dit ?

ERNIE

Oui et alors ?

WILL

Eh bien s’il est supposé neutraliser ses pouvoirs comment Druitt a-t-il pu se téléporter à nouveau dans le complexe ?

ERNIE

Ça c’est la question à un million.

HELEN

Mais enfin de quoi parlez-vous ?

CATHERINE

Helen ! C’est Pierre ! Il y a un truc qui ne va pas !

HELEN se précipite dans le van alors qu’ERNIE et WILL échangent un regard hésitant. À cet instant, plusieurs coups de feu sont tirés de l’intérieur et ricochent sur le van. Tout le monde se met à couvert derrière les portes du van. WILL et ERNIE ripostent avec leurs armes. Des gardes se déploient à l’entrée du complexe et restent à couvert tout en poussant des cris de sommation. Une alarme bruyante se met à retentir alors que les gardes affluent.

ERNIE

Économise tes balles Will, on en a pas des masses !

WILL

Facile à dire !

HENRY

On va tous y passer si on dégage pas tout de suite !

ERNIE

Allez-y, je vous couvre !

ERNIE change de position près à foncer vers le complexe. Des coups de feu fusent. ERNIE et WILL ripostent et touchent certains assaillants mais ils sont de plus en plus nombreux et ils tirent sans interruption.

WILL

Qu’est-ce que tu compte faire Ern ?

ERNIE

Je vais chercher Ash !

WILL

T’es dingue ? Tu veux te faire tuer ?!

ERNIE

Je ne pars pas sans elle mec !

HENRY

Décidez-vous vite ! ÇA URGE !

HELEN

Pierre ne tiendra pas le coup, il faut partir maintenant !

ERNIE reçoit soudain une balle à l’épaule qui l’envoie à terre. WILL l’aide à se relever et à grimper dans le van puis fait une compression sur la plaie. HELEN tourne le regard vers HENRY.

HELEN

Allons-y !

Le van démarre en trombe. Les balles fusent et ricochent contre la porte arrière tandis que le van s’éloigne.

ERNIE

Ashley… Ash…

WILL

Restes tranquille Ernie, c’est une vilaine blessure.

ERNIE

On ne peut pas la laisser…

CATHERINE fixe HELEN qui semble préoccupée. HELEN s’occupe de Pierre qui est très mal en point. WILL continue de compresser la plaie d’ERNIE qui grimace. HENRY observe la scène dans son rétroviseur tout en vérifiant qu’ils ne sont pas suivis. WILL tourne les yeux vers HELEN.

WILL

Elle va s’en sortir Magnus…

ERNIE

Qu’est ce que t’en sais mec? T’es devin en plus d’être psy ?

WILL

Je n’en sais rien c’est vrai mais ce dont je suis sûr c’est qu’elle n’aurait certainement pas souhaité que l’on se fasse tuer pour elle.

ERNIE

Ben voyons !

CATHERINE

Elle a de la ressource, elle ne se laissera pas faire.

ERNIE

Ouais bah elle a beau être coriace, elle n’est pas immortelle, contrairement à certaines…

HELEN

Ça suffit ! Nous avons pris la bonne décision, inutile d’épiloguer sur le sujet.

ERNIE

Nous ? Oh non ! C’est ta décision ! (pause) C’est toi qui choisi de l’abandonner ! Moi je n’ai pas le choix !

HELEN

Mais tu as le choix, si tu veux y retourner, surtout ne te gène pas !

ERNIE

Parfait !

Le visage déformé par la rage ERNIE tente de se relever. WILL l’en empêche. ERNIE dévisage HELEN.

ERNIE

J’espère pour toi qu’elle est en vie sinon tu devras vivre avec ça !

HELEN, WILL et ERNIE se fixent avec force. CATHERINE pose une main sur l’épaule d’HELEN qui détourne les yeux vers la vitre. Le visage angoissé, elle observe le complexe qui rétrécit à mesure que le van s’éloigne.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Trop trop bien. Je sens qu' Ashley va bientôt se trouver dans une situation assez critique. Et tout cas j'ai hâte de lire la suite!
Continuez comme ça!