Quest-ce que Sanctuary?

Sanctuary est une websérie crée en 2007 par Damian Kindler et Martin Wood.

Producteurs exécutifs : Marc Aubanel, Damian Kindler, N. John Smith, Amanda Tapping, Martin Wood.

Cast
Amanda Tapping ........................................................................ Docteur Helen Magnus
Robin Dunne .......................................................................... Docteur Will Zimmerman
Emilie Ullerup ..................................................................................... Ashley Magnus
Christopher Heyerdahl .................................................................. Montague John Druitt
Bigfoot ..................................................................................................... Bigfoot

Introduction saison virtuelle

Disclaimer

Tous les personnages publiquement reconnaissables, les lieux, etc sont la propriété de leurs propriétaires respectifs. Les personnages originaux et l'intrigue sont la propriété de l'auteur. Ce travail n'est pas rémunéré. Aucun droit d'auteur n'est enfreint.

vendredi 20 mars 2009

Episode 8, Webisode 1

Veuillez nous excuser pour ce retard, mais j'ai eut quelques petits problèmes avec internet. Tout étant rentré dans la normal, nous vous postons aujourd'hui le webisode 1 de l'épisode 8!
Bonne lecture à tous!


Webisode 1

1. INTÉRIEUR, nuit, sanctuaire, chambre d’Helen (flashback 5 octobre 1888)

Un feu de cheminée brûle intensément. JOHN et HELEN sont étendus sous une couverture près de l’âtre. Ils sont enlacés et couverts de sueur. Les deux amants s’embrassent amoureusement puis HELEN repose sa tête sur le torse de JOHN qui lui caresse tendrement les cheveux. HELEN paraît soucieuse alors que JOHN semble comblé. Ils restent ainsi sans mot dire durant plusieurs secondes. JOHN lui dépose un baiser sur le front tout en lui caressant l’épaule. HELEN trésaille.

JOHN (ardent)

Vous étiez merveilleuse Helen, si envoûtante, si exaltée, si fougueuse…

HELEN (troublée)

John… je vous en prie… Vous êtes vous-même si passionné que mes sens n’ont pas d’autre choix que de répondre aux vôtres tout aussi intensément.

JOHN (inquiet)

Alors pourquoi ai-je la sensation de vous avoir blessée ?

HELEN se tourne vers JOHN qui plonge son regard dans le sien. JOHN lui caresse la joue.

JOHN (tendrement)

Vous avez pleuré Helen. C’est la première fois que cela vous arrive.

HELEN (confuse)

Je ne pensais pas que vous l’auriez remarqué. (pause) Ce n’est rien, juste un peu de fatigue.

JOHN (avec gravité)

De fatigue ? Je pensais que vous en souffriez lors de notre voyage à Paris et vous aviez pourtant écarté cette hypothèse si mes souvenirs sont exacts. Je m’inquiète vraiment beaucoup pour vous.

HELEN se redresse et attrape de quoi couvrir sa nudité. JOHN l’observe avec tendresse.

HELEN (irritée)

C’est tout à fait inutile John. Je vous assure qu’en dehors d’une regrettable mais évidente lassitude consécutive au voyage, je vais parfaitement bien.

JOHN (inquiet)

En réalité, depuis notre retour à Londres vous me semblez davantage préoccupée que lasse. (pause) Inutile d’être médecin pour comprendre ce qui vous arrive.

HELEN (troublée)

Que voulez-vous dire ?

JOHN (avec gravité)

Vous êtes surmenée. Je pense que vous travaillez beaucoup trop. Vous devriez vraiment vous ménagez.

HELEN (rassurée)

Vous avez sûrement raison.

JOHN observe HELEN qui paraît gênée et confuse. Elle se lève et se dirige vers la fenêtre. JOHN la fixe un instant avant d’attraper de quoi se vêtir. Il se lève à son tour.

JOHN

Helen, vous souvenez-vous de cette promenade durant laquelle vous vous êtes sentie mal ?

HELEN (souriante)

Oui je m’en souviens parfaitement. Je crois d’ailleurs avoir fait preuve d’inconvenance en ne vous remerciant pas de votre obligeance.

JOHN (empressé)

Oublions cela voulez-vous. Je crois me rappeler que vous étiez sur le point de me faire part de quelque chose de très important. J’aimerais vraiment savoir de quoi il s’agissait.

JOHN s’approche d’HELEN et pose délicatement ses mains sur ses épaules. Elle sursaute légèrement. Il dépose un baiser sur son épaule. Elle se met à trembler et ferme les yeux.

JOHN (inquiet)

Vous tremblez Helen ? (pause) Vous savez, si vous ne souhaitez pas me confier cette chose, je puis le comprendre. Vous avez certainement vos raisons et je ne saurais vous le reprocher.

HELEN (douloureusement)

En fait, ce n’était pas vraiment important. (pause) Plus maintenant.

JOHN (déconcerté)

J’ai vraiment la sensation d’avoir été malséant à votre égard. Si cette nuit j’ai pu avoir un geste déplacé ou déplaisant envers vous, croyez bien qu’il n’était pas volontaire.

HELEN (se tournant face à lui)

N’allez surtout pas penser une chose pareille. Même s’il est difficile de résister à certains de vos assauts, je crois n’avoir volontairement posé aucune résistance. (pause) Vous m’avez réellement comblée John Druitt, cependant je…

JOHN (soucieux)

Cependant vous ?

HELEN (troublée)

Cependant je pense à toutes ces pauvres femmes assassinées dans de si abominables circonstances et j’avoue être quelque peu effrayée.

JOHN (étonné)

Allons Helen. Pourquoi pensez-vous à cela dans un moment pareil ?

HELEN (avec gravité)

Parce que je sais que le meurtrier à besoin d’aide et je suis persuadée de pouvoir lui apporter la mienne. Il doit se sentir tellement désemparé lorsque la réalité le rattrape. S’il acceptait de me parler, peut-être que…

JOHN (l’interrompant)

Vous ne pouvez pas sauver toutes les âmes en perdition Helen. Je pense… non je suis convaincu que certaines d’entre elles sont si noires qu’il n’existe aucune rédemption possible.

Le visage de JOHN s’assombri, HELEN tente l’apaiser en lui souriant avec tendresse.

HELEN (déterminée)

John… vous savez que ce n’est pas vrai. Je ne fais pas seulement preuve de compassion envers ces âmes, je sais que je peux médicalement les aider. Rien n’est insurmontable.

JOHN (détaché)

Non Helen. Personne ne peut changer sa nature profonde. Vous le savez, plus que quiconque.

HELEN

Mais il est possible de lutter contre cette nature. Il suffit d’en avoir la volonté.

JOHN (avec gravité)

Oh non la volonté seule ne suffit pas. Il faut aussi avoir quelque chose à perdre.

HELEN pose une main sur son ventre mais JOHN ne semble pas s’en rendre compte.

HELEN (troublée)

John je…

JOHN (tourmenté)

Est-ce pour cette raison que vous semblez de plus en plus lointaine et méfiante envers moi ?

HELEN (surprise)

Méfiante ?

JOHN (énigmatique)

Avez-vous peur de moi Helen ?

HELEN (confuse)

Peur de vous ? Mais enfin pourquoi dîtes-vous cela John ?

JOHN (sérieux)

Helen, regardez-moi dans les yeux et dites moi que vous me pensez incapable de vous faire du mal.

HELEN (prudente)

Je crois sincèrement que vous ne voudriez ni ne pourriez me faire du mal. (pause) Mais il n’est plus seulement question de moi désormais.

JOHN (inquiétant)

Alors si vous avez confiance en moi, pourquoi tremblez vous ainsi Docteur Magnus ?

JOHN plonge ses yeux dans ceux d’HELEN qui semble troublée. Puis leurs visages se rapprochent. JOHN caresse le visage d’HELEN et capture ses lèvres. HELEN répond à son baiser avec avidité. Puis, tout en s’embrassant, ils se dirigent vers le lit.


Générique

2. Intérieur, nuit, bureau de la morgue

HELEN entre dans la pièce. ELEANOR est penchée au-dessus d’un dossier. Elle relève la tête à son arrivée.

HELEN

De quoi s’agit-il ?

ELEANOR

Je sais que c’est ton jour de repos mais il y a une heure, un corps a été amené et… enfin bref, en le voyant j’ai pensé que son état pouvait t’intéresser.

HELEN adresse un regard interrogateur à ELEANOR qui lui sourit.

ELEANOR

Crois-moi, cette patiente va vraiment piquer ta curiosité et comme je suis débordée…

HELEN (la coupant)

Tu as très bien fait de m’appeler.

ELEANOR

Le corps est dans la chambre froide. Mais je te préviens ce n’est pas beau à voir.

HELEN

Homicide ?

ELEANOR

Le rapport de police n’est pas encore arrivé alors je te propose de prendre les paris.

Les deux femmes se sourient.

ELEANOR

Sincèrement, si ce n’est pas un meurtre, il est temps pour moi de changer de métier.

HELEN

Je ferais bien de me mettre au travail.

HELEN sort du bureau. ELEANOR se replonge dans son dossier.


3. Intérieur, nuit, morgue

HELEN entre la grande pièce et s’approche d’un sac noir qu’elle ouvre. Le visage de la femme vue dans l’épisode précédent apparaît, une coupure nette au niveau du cou. HELEN examine légèrement la gorge, avant de voir un autre sac posé sur une des tables à roulettes. HELEN le regarde avec curiosité puis va l’ouvrir. Arrivée au niveau des hanches, elle ferme les yeux. Elle ne semble pas surprise.


4. Intérieur, nuit, bureau de Gregory (flashback 9 septembre 1888)

HELEN est assise dans le bureau, lorsque GREGORY entre, sa mallette et son chapeau en main. À son entrée, HELEN se lève.

GREGORY (secouant la tête)

Pauvre femme. Personne ne mérite d’être victime d’une telle abomination.

HELEN

Quelles sont les conclusions de l’autopsie ?

GREGORY

Helen je ne pense pas…

HELEN

Ma condition de femme n’a jamais fait et ne fera jamais obstacle à l’accomplissement de mon devoir de médecin. (après quelques instants) Vous m’interdisez l’accès à la salle d’autopsie, laissez-moi au moins vous apporter mon aide d’une autre manière !

HELEN reste plantée devant Grégory avec un air déterminé.

HELEN

Vous savez fort bien que je n’aie pas besoin d’être ménagée. Je vous en prie Père, dites-moi de quoi il s’agit.

GREGORY

Très bien Helen, puisque tu insistes. Il s’agit d’un meurtre dont l’atrocité me soulève encore le cœur. Le corps de la patiente a été retrouvé dans une cour intérieure. Sa gorge a été profondément tranchée sur toute sa largeur et son abdomen a été ouvert avec beaucoup de soin et de précision probablement à l’aide d’un instrument chirurgical.

HELEN (portant une main à son abdomen)

Le meurtrier pourrait être médecin ?

GREGORY

C’est une possibilité. Ses connaissances en anatomie sont vraiment très brillantes. Durant l’autopsie j’ai également découvert que le meurtrier a ôté à sa victime tous ses organes génitaux ainsi qu’une partie de sa vessie. Et d’après les premiers éléments de l’enquête, ses intestins auraient été déposés sur son épaule droite d’une bien macabre façon.

HELEN écoute attentivement le discours de son père sans ciller. GREGORY poursuit son explication sans quitter HELEN du regard.

GREGORY

La police pense que ce meurtre à un lien avec celui de Mary Ann Nichols. Je ne sais pas qui est à l’origine de cette immondice, mais le pauvre diable ne doit pas avoir toute sa tête pour commettre un acte d’une telle barbarie.

HELEN (perplexe)

Pauvre diable ? Vous prenez la défense de ce criminel ?

GREGORY (offensé)

Il n’est pas question de défendre qui que ce soit Helen j’essaie simplement de garder un œil objectif sur les faits qui sont portés à ma connaissance. N’oublie pas le serment que tu as fait en acceptant de me seconder dans ma tâche. Comprends que tu dois, en toutes circonstances, faire preuve de neutralité, quelque soit le degré d’exécration que tu éprouves à l’évocation de ces affaires.

HELEN

Je suis tout à fait consciente de ma responsabilité Père et je l’accepte. Néanmoins, je ne puis m’empêcher de penser que j’aurais tout à fait pu me retrouver à la place de ces deux victimes auxquelles vous faites si placidement allusion.

GREGORY et HELEN s’affrontent du regard.


5. Intérieur, nuit, bureau de la morgue

WILL entre dans la pièce, alors qu’HELEN est en train de rédiger un dossier.

WILL

Votre consœur m’a dit que vous étiez ici.

HELEN (relevant la tête)

Docteur Zimmerman ? Je suis surprise de vous voir. Je pensais que vous étiez parti en mission avec ma fille.

WILL


C’était le cas. Mais je lui ai dit que je devais vous voir en urgence. Elle a préféré attendre dehors.

HELEN (souriant)

Ashley a toujours éprouvé quelques troubles à la seule idée de fouler le sol d’un hôpital.

WILL (souriant)

Oui, je l’ai déjà remarqué.

HELEN

Quelle est donc cette urgence qui ne pouvait attendre votre retour ?

WILL

J’ai discuté avec un de mes amis qui travaille au sein de la police et j’ai pu apprendre certaines petites choses concernant le corps que vous avez examiné ce soir.

HELEN

Je vous écoute.

WILL s’assoit en face d’elle. HELEN se redresse sur sa chaise.

WILL

Avez-vous avez eu le temps de lire le rapport de police ?

HELEN

Non mais à en juger par les blessures qui ont été infligées à cette pauvre femme, il n’y a raisonnablement aucun doute sur l’origine de son décès. Sa gorge a été tranchée, de la gauche vers la droite à l’aide d’une lame parfaitement affûtée. (pause) Fort heureusement il s’agit de la cause de la mort,

WILL

Heureusement ?

HELEN

Autant que je puisse en juger. La patiente a été éviscérée post-mortem ce qui tend à prouver que le meurtrier a pris un plaisir certain à l’éventrer. Certains de ses organes ont été déplacés, d’autres lui ont été retirés. Alors à la lumière de ces funestes détails, je vous affirme, sans ambages, être soulagée que cette femme soit morte de ses premières blessures.

WILL

D’accord mais ce que vous ne savez sûrement pas c’est que son corps a été découvert dans le tristement célèbre quartier de Whitechapel. Et le plus troublant c’est que cette femme a été assassinée à l’emplacement même où une des victimes présumées de Jack l’Eventreur a été retrouvée morte en 1888. (pause) Il s’agissait d’une prostituée, une certaine Molly.

HELEN, visiblement troublée, garde les yeux dans vide et fixe sans ciller le mur derrière WILL.

WILL (inquiet)

Magnus ?

HELEN

Ce n’est rien. Poursuivez.

WILL

Pour l’instant, l’enquête n’en est qu’à ses balbutiements. Cependant, selon les premiers éléments, le profil du meurtrier serait sensiblement le même que celui de Jack l’Eventreur.

HELEN

Avez-vous eu confirmation de ces allégations ?

WILL

D’après ce que j’ai compris, la police a consulté un des spécialistes du célèbre assassin. Il aurait été formel sur la similitude entre les deux modes opératoires. Les autorités commencent à présumer qu’il pourrait s’agir d’un imitateur.

HELEN (tristement)

Cet usurpateur semble remarquablement bien renseigné. Un peu trop peut-être…

WILL

Que voulez-vous dire ? (pause) Vous croyez qu’il pourrait s’agir de…

HELEN

À la lueur des derniers évènements, je suis bien obligée d’admettre que John pourrait être à l’origine de cette macabre mise en scène. Par ailleurs, j’ajoute que le tueur est droitier, je peux le certifier, ce qui me conforte dans cette idée. Néanmoins, je n’ai pas pour habitude de conclure hâtivement sans avoir, au préalable, considéré toutes les possibilités.

WILL

À ce propos, la police a justement déjà arrêté un suspect.

HELEN

Tentez de l’interroger si vous le pouvez. Avez-vous les autorisations nécessaires ?

WILL

Je les obtiendrais. J’ai encore mes entrées auprès des autorités de cette ville.

HELEN

Fort bien. (pause) Docteur Zimmerman, je ne cherche en aucune manière à vous influencer cependant n’oubliez pas que les apparences sont parfois trompeuses. Si je puis vous donnez un conseil, ne vous laissez pas aveugler par vos certitudes.

WILL (ironique)

Je pars en mission avec Ashley… je n’ai donc plus aucune certitude en magasin.

HELEN et WILL se sourient mutuellement avec complicité puis HELEN se lève.

HELEN

Si vous voulez bien m’excuser.

WILL acquiesce, se lève à son tour et sort, tandis qu’HELEN le raccompagne à la porte et le regarde partir, les yeux dans le vague.


6. Extérieur, nuit, cimetière de Montparnasse

Un flash bleu-vert apparaît à l’arrière d’un caveau. Un homme apparaît. Son visage est caché par la nuit. Il porte un costume du dix-neuvième siècle, avec un haut de forme et s’aide d’une canne pour marcher. Il s’avance vers la sortie.


7. Intérieur, nuit, couloir de l’hôpital

ASHLEY et WILL marchent. WILL a un sac avec lui. ASHLEY semble mal à l’aise ce qui fait sourire WILL. ASHLEY porte une main à son nez comme si elle sentait une odeur nauséabonde.

ASHLEY

Bon sang, ce que je hais les hôpitaux. Tu sens cette odeur ? C’est insupportable. (pause) Tu peux me dire comment tu as obtenu l’autorisation d’interroger le suspect ?

WILL

Ça t’épate, hein ?

ASHLEY

Non, ce qui m’épate c’est que tu aies eu le courage de sortir en ville avec les fringues que tu as sur le dos.

WILL

Très amusant. Sache que sous mon aspect « nouveau gars », j’ai de la ressource. Un ami me devait un service et puis je suis psy, ça aide forcément.

ASHLEY

Si tu le dis. (pause) Donc, Freud, pourquoi suis-je ici au lieu de faire autre chose de plus intéressant, loin, très loin d’ici, par exemple ?

WILL

Pour faire court, j’ai le sentiment que ta présence pourra m’être très utile.

ASHLEY

Dis plutôt que tu as la trouille !

WILL (tournant la tête)

C’est là !

WILL et ASHLEY s’arrêtent devant une porte. WILL jette un œil à l’intérieur et prend son sac. Il en sort une blouse blanche qu’il tend à ASHLEY.

WILL

Mets ça.

ASHLEY

Quoi ? Tu te fiches de moi ?

WILL (sérieux)

J’ai l’air de plaisanter ? (pause) Le patient est sous surveillance policière alors si tu veux passer inaperçue, s’il te plait, fais ce que je te dis sans discuter.

ASHLEY hésite un instant puis avec empressement prend la blouse des mains de WILL. Elle l’enfile en soufflant d’exaspération.

ASHLEY

Satisfait ?

WILL (moqueur)

Je vais faire avec. (pause) le blanc n’est définitivement pas ta couleur.

ASHLEY est sur le point de répondre lorsque WILL ouvre alors la porte et entre dans la pièce. ASHLEY lui emboîte le pas, un sourire amusé sur les lèvres.


8. Intérieur, nuit, chambre

WILL et ASHLEY entrent. Un homme est menotté à un lit et deux policiers le gardent. WILL tend son autorisation au premier policier.

WILL

Je suis le Docteur Zimmerman et voici mon assistante. Je dois m’entretenir avec ce patient.

Le policier #1 examine le document rapidement tout en jetant des regards suspicieux à ASHLEY et WILL. Il fini par rendre le document à WILL.

POLICIER # 1

Votre autorisation est en règle.

WILL

Pourriez-vous, nous laisser seuls avec le patient ?

POLICIER #1

Je regrette Docteur, nous avons reçu l’ordre de ne pas quitter cette chambre.

WILL prends le dossier du patient qui se trouve accroché dans une pochette au pied du lit et le parcourt rapidement.

WILL

Oui je me doute que vous obéissez aux ordres mais je constate que cet homme est menotté et, d’après ce que je lis, il a également subit l’injection d’une forte dose de calmant y a trois quart d’heures. Je ne pense donc pas que nous courrions le moindre danger si vous attendez juste derrière la porte. Qu’en dîtes-vous ?

POLICIER # 1

Je vous l’ai déjà dit Docteur, nous ne sommes pas autorisés à quitter notre poste. C’est pour votre protection.

ASHLEY s’impatiente et se rapproche du policier en souriant. WILL se crispe soudain en la voyant faire.

ASHLEY

Écoutez, si vous voulez qu’il parle, il sera peut-être plus enclin à le faire s’il ne se sent pas surveillé. Vous n’êtes pas d’accord ?

POLICIER #2

Il faut avouer que la demoiselle n’a pas tort.

POLICIER #1

Peut-être, mais t’as entendu comme moi l’état dans lequel il a mis la victime. Ce gars est un dangereux psychopathe. Je ne peux…

ASHLEY (l’interrompant)

Nous sommes justement ici pour en juger. S’il vous plait, laissez-nous juste faire notre travail. (pause) Vous n’avez pas envie qu’il avoue son crime pour que justice soit faite ?

Le policier semble hésiter quelque seconde puis paraît se résigner. ASHLEY et WILL sourient tous les deux pour montrer leur confiance.

WILL

Vous n’avez vraiment pas à vous inquiéter.

POLICIER #1

Très bien. (pause) Mais ne vous approchez pas trop de lui. Je vous aurai prévenu.

WILL

S’il se passe quoi que ce soit, vous vous en rendrez très vite compte.

Les deux policiers se regardent quelques instants puis se font un signe de tête entendu.

WILL

Merci

Les deux policiers sortent de la chambre. WILL les regarde puis se tourne vers l’homme attaché.

WILL

Bonjour Monsieur Pizer. Je suis le Docteur Zimmerman. Je suis psychiatre, détaché au département de la justice. Si vous êtes d’accord je souhaiterais vous poser quelques questions.

PIZER (anxieux)

Je n’ai pas tué cette femme, ce n’est pas moi ! Je vous le jure !

WILL

Je ne suis pas là pour vous accuser de quoi que ce soit, je suis juste venu bavarder un peu avec vous. L’entretien est confidentiel, il n’y a ni micro, ni caméra, juste vous et nous. Vous voyez, vous n’avez absolument rien à craindre. Tout ce que vous devez faire, c’est vous détendre.

PIZER

Vous devez me croire, ce n’est pas moi. Bon sang, je nage en plein cauchemar !

PIZER fixe WILL avec beaucoup de nervosité. Il parait effrayé. WILL s’approche de lui en prenant une chaise. ASHLEY reste à distance raisonnable et fixe PIZER avec une grande attention.

WILL

Bien. Racontez-moi ce qui s’est passé.

WILL s’assoit sur la chaise en adressant un sourire rassurant à PIZER.


9. Extérieur, nuit, petite rue de Paris

Une femme rentre chez elle. L’homme apparaît au coin d’une rue et se met à la suivre. La femme est vêtue très légèrement. La femme sentant sa présence accélère son pas. L’homme en fait de même. La femme se retourne et accélère le pas de plus en plus. L’homme fait de même. Il fini par la rattraper, l’encercle avec ses bras et étouffe ses cris avant de l’entraîner dans un coin sombre.


10. Intérieur, nuit, couloir de l’hôpital

ASHLEY et WILL sortent de la pièce.

WILL

Nous avons terminé. Merci messieurs.

Les deux policiers entrent à nouveau. WILL ferme la porte derrière eux et se tourne vers ASHLEY.

WILL

Qu’est-ce que tu en penses ?

ASHLEY

Ce n’est pas lui.

WILL (étonné)

Vraiment ?

ASHLEY

Pizer n’est pas le tueur.

WILL

Et comment en es-tu arrivée à cette conclusion ? J’ai à peine échangé trois phrases avec lui.

ASHLEY

Ce n’est pas très difficile à voir. Il est mort de trouille, ça se lit dans ses yeux. Pour commettre un tel crime il faut faire preuve d’un certain sang froid et ce gars est totalement paniqué. Sa nervosité n’exprime aucune culpabilité, pour moi, c’est juste le signe d’une totale incompréhension. J’ai vraiment besoin de continuer ?

WILL

Ce ne sera pas nécessaire. Je suis d’accord avec toi.

ASHLEY

Si tu n’as pas confi… (pause) Quoi ?

WILL

En fait, je crois que tu as raté ta vocation, tu es très douée pour l’analyse comportementale. Je suis bien entendu, arrivé à la même conclusion que toi. J’avais juste envie de connaître ton opinion.

ASHLEY (agréablement surprise)

Ah oui ?

WILL (souriant)

Eh oui. (pause) Maintenant, le problème qui va se poser c’est d’arriver à le faire libérer.

ASHLEY

C’est facile, trouve-lui un bon avocat.

WILL

Et en attendant ? On le laisse à son triste sort ?

ASHLEY

Ce n’est pas mon problème, nous avons déjà perdu assez de temps. (pause) Sérieusement, que sommes-nous venus faire ici ? Nous connaissons tous les deux le meurtrier.

WILL

Ne tire pas trop vite de conclusion Ashley. Nous n’avons aucune preuve qu’il s’agisse de John Druitt.

ASHLEY

C’est la signature de l’Eventreur je te rappelle.

WILL

Oui, c’est vrai mais tu ne peux pas envisager la possibilité qu’une tierce personne plagie son mode opératoire ?

ASHLEY

Tu te fiches de moi Will ?

WILL

Non ! Bien sûr que non mais…

ASHLEY (l’interrompant)

Jack l’Eventreur sévissait il y a plus d’un siècle, quelle espèce de détraqué utiliserait précisément ses méthodes au moment même où il vient justement de réapparaître ?

WILL

La fascination, la compromission, la vengeance, l’obsession. Qu’en sais-je, il peut y avoir de multiples raisons.

ASHLEY

Je ne crois pas aux coïncidences.

WILL

Moi non plus, mais tu dois lui accorder le bénéfice du doute.

ASHLEY

La seule chose que je vais lui accorder, c’est une mort lente et crois-moi, j’y prendrais beaucoup de plaisir.


11. Intérieur, nuit, morgue

HELEN est penchée au-dessus du cadavre. La porte s’ouvre sur un livreur. HELEN relève la tête.

HELEN

Puis-je vous aider ?

LIVREUR

Je cherche une certaine (regardant un papier) Helen Magnus ? Docteur Helen Magnus.

HELEN

Je suis le Docteur Magnus.

LIVREUR

J’ai une lettre pour vous madame.

HELEN s’approche en retirant ses gants. Le livreur lui tend une enveloppe.

LIVREUR

Signez là.

HELEN signe à l’endroit que le livreur lui a indiqué.

LIVREUR

Merci bien. Bonne soirée madame !

Le LIVREUR sort alors qu’HELEN déchire l’enveloppe. Elle sort une carte où il est écrit :

« Te souviens-tu de nos longues promenades au bord de la Seine ? Paris est si merveilleux en cette période de l’année. Il fut un temps où, à mon bras, cette ville avait su enivrer nos sens et libérer notre dévorante passion. Le souvenir du bon vieux temps doit éveiller en toi des sensations étranges, n’est-il pas Helen ? Si tu veux que les meurtres s’arrêtent, rappelle-toi de tout et rejoins-moi.

John »

HELEN relève la tête, pensive.

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