Quest-ce que Sanctuary?

Sanctuary est une websérie crée en 2007 par Damian Kindler et Martin Wood.

Producteurs exécutifs : Marc Aubanel, Damian Kindler, N. John Smith, Amanda Tapping, Martin Wood.

Cast
Amanda Tapping ........................................................................ Docteur Helen Magnus
Robin Dunne .......................................................................... Docteur Will Zimmerman
Emilie Ullerup ..................................................................................... Ashley Magnus
Christopher Heyerdahl .................................................................. Montague John Druitt
Bigfoot ..................................................................................................... Bigfoot

Introduction saison virtuelle

Disclaimer

Tous les personnages publiquement reconnaissables, les lieux, etc sont la propriété de leurs propriétaires respectifs. Les personnages originaux et l'intrigue sont la propriété de l'auteur. Ce travail n'est pas rémunéré. Aucun droit d'auteur n'est enfreint.

vendredi 30 juillet 2010

Episode 11 Webisode 4

1. Intérieur, nuit, infirmerie, flashback

HELEN est au chevet d’ASHLEY adolescente allongée sur un lit d’hôpital reliée à des appareils multiples. Elle porte des ecchymoses sur les parties visibles de son corps et elle semble inconsciente. HELEN vérifie le débit de la perfusion qui est reliée à son bras tout en observant sa fille avec gravité. ERNIE entre dans la pièce avec deux béquilles. Il a également des plaies profondes sur le visage et les bras. HELEN l’observe avec un air sombre.

ERNIE

Comment va-t-elle ?

HELEN

Elle est faible mais son état est stable. La bonne nouvelle c’est que j’ai pu réduire toutes ses fractures et qu’elle réagit positivement au traitement.

ERNIE

Et la mauvaise ?

HELEN

Je n’ai pas encore réussi à enrayer l’infection. Elle a de graves lésions au poumon droit ainsi qu’au foie et je ne parle pas des nombreux traumatismes dont elle souffre.

ERNIE

Elle sera vite sur pied, c’est une battante. Sérieusement Doc, j’ai vu de quoi elle était capable et elle est sacrément douée.

HELEN

Tu ne penses pas que ton enthousiasme est un peu déplacé ?

ERNIE

Okay, c’était plutôt rock’n roll je te l’accorde mais si tu l’avais vue ! Bon sang ! C’est une tueuse cette gamine même si elle m’a flanqué la frousse de ma vie.

HELEN

Rock’n roll ? Ma fille vient de passer les 72 heures les plus critiques de sa vie et elle n’est pas encore tirée d’affaire. Elle lutte contre une infection dont j’ignore tout et se remet tant bien que mal d’une intervention qui aura duré plus de 6 heures. Alors je ne te demande pas de comprendre, de compatir ni même de réfléchir mais pour l’amour du ciel, si je dois supporter ta présence, fais-moi grâce de ton humour à la petite semaine !

ERNIE

Je suis désolé… Ça ne devait être qu’une simple mission de reconnaissance. Il n’y avait rien de vraiment dangereux puisque l’endroit était censé être désert. Enfin c’est ce que je croyais.

HELEN

Tu croyais ? Donc tu n’en étais pas sûr ! Qu’est-ce que ça veut dire Ernest, tu ne vérifies plus tes sources maintenant ?

ERNIE

Bien sûr que si ! J’ai confiance en mon informateur mais pour plus de sûreté, Henry et moi nous avons passé la crypte au peigne fin la veille. C’était sans risque, doc, elle devait être vide mais dès qu’on est arrivé sur place, y’avait des goules partout. C’était comme si elles nous attendaient. On n’avait aucune chance d’en réchapper. Je ne pige pas ce qui s’est passé.

HELEN

C’est pourtant clair : tu t’es fait rouler dans la farine Ernest !

ERNIE

C’est impossible ! Ce type avait une dette envers moi, il ne m’aurait jamais fait un coup pareil. Et puis, j’aurais senti l’embrouille, chez moi, c’est inné !

HELEN

Je t’en prie !

ERNIE

Tu sais très bien que s’il y avait eu le moindre risque, je n’aurai jamais exposé volontairement Ashley au danger. J’ignorais ce qui allait se passer !

HELEN

C’est précisément cela le problème ! Tu n’as rien anticipé !

ERNIE

Doc, le principe des guets-apens, c’est justement qu’ils sont imprévisibles !

HELEN

Tu te contredis il me semble, sauf erreur de ma part, tu ne viens pas de prétendre que sentir le danger est inné chez toi ? (pause) Est-ce que tu réalises avec quelle brutalité ils se sont acharnés sur elle ? Barney m’avait mise en garde. Il m’avait dit que c’était trop tôt, qu’elle n’était pas encore prête. J’ai refusé de l’écouter, parce que j’avais confiance en toi.

ERNIE

Tu me prends peut-être pour un idiot arrogant mais je ne suis pas un lâche ! Je ne l’aurai jamais abandonnée Doc ! Et ça tu le sais !

HELEN

Le fait est que je crois sincèrement que tu n’as aucune idée des conséquences si elle avait été tuée. C’est un problème majeur pour nous Ernest.

ERNIE

Qu’est-ce que je suis supposé comprendre ?

HELEN

J’aurais dû pressentir les risques que je faisais courir à ma fille à l’instant même où j’ai placé sa vie entre tes mains. Je regrette de t’avoir fait confiance. C’est une erreur qui ne se reproduira pas…

ASHLEY (faiblement)

Maman ?

HELEN se reprend soudain et reporte son attention sur sa fille. Elle lui sourit tout en lui caressant les cheveux avec tendresse.

HELEN

Je suis là ma chérie. Tout va bien.

ASHLEY

Ernie ne dit pas la vérité. Ce qui s’est passé là-bas est entièrement ma faute.

HELEN

Ne te préoccupe pas de cela. Nous en reparlerons plus tard. Pour l’instant tu dois te reposer.

HELEN commence à s’éloigner mais ASHLEY la retient en saisissant sa main.

ASHLEY

Attends… Il m’avait fait promettre de rester tranquille mais je suis quand même entrée dans la crypte. C’est ma faute maman, Ernie n’y est pour rien.

ERNIE

Ash ! Non, ta mère a raison. Tu étais sous ma responsabilité, j’aurai dû faire ce qu’il faut pour t’empêcher d’agir…te ligoter… t’assommer…

ASHLEY (l’interrompant avec surprise)

M’assommer ?

ERNIE

Façon de parler… Je suis tellement désolé Ash.

ASHLEY (souriant)

Pourquoi ? On forme une super équipe tous les deux non ?

ERNIE (souriant)

Ouais gamine… une super équipe et elle fait de sacrés dégâts !

HELEN

Ça vous pouvez le dire ! Je ne m’en vanterai pas si j’étais vous. Votre association prend fin à l’instant.

ASHLEY

Quoi ? Maman non ! Tu ne peux pas faire ça !

HELEN

Tu crois cela ? Dorénavant, c’est moi qui choisirai avec qui et quand tu partiras en mission. Si tu continues d’ailleurs. Maintenant je veux que tu te reposes. Quant à toi Ernest, je ne te retiens pas.

HELEN tourne les talons mais Ashley s’agite soudain en poussant un cri de rage. Surprise HELEN fait volte face tandis qu’ERNIE constate impuissant la révolte de l’adolescente

ASHLEY

Pourquoi tu ne m’écoutes pas! La seule responsable ici c’est moi! J’en assume déjà toutes les conséquences! Si tu dois être furieuse contre quelqu’un, c’est uniquement contre moi maman, pas contre Ernie!

HELEN

Fort bien ! Je suis furieuse contre toi Ashley ! Ces chasses sont bien loin d’être de frivoles distractions comme tu sembles les considérer ! En ce qui me concerne, peu importe à qui incombe la faute, vous êtes tous les deux coupables parce que l’un comme l’autre, vous auriez dû sentir le piège ! Vous avez sous-estimé le danger sans parler de l’ennemi, ce qui est impardonnable ! Quoi qu’il en soit, puisque vous semblez incapables de vous fier à votre instinct, dès le début de l’attaque vous auriez dû battre en retraite et je ne cesse de me demander pourquoi vous ne l’avez pas fait !

ERNIE

Nous étions encerclés Doc, il était impossible de fuir ! Engager le combat était notre seule chance de nous en sortir.

HELEN

Alors c’est que vous êtes encore plus stupides que je le pensais ! Vous pouviez faire diversion, encore fallait-il anticiper ! Le principe de précaution doit être appliqué à chacune de vos missions, c’est à cela que servent vos entraînements !

ASHLEY

C’est facile de critiquer les joueurs quand on n’a pas assisté au match.

HELEN (ironique)

Tu as raison Ashley, mes remarques sont injustifiées. Soigner vos blessures ne me permet, en effet, pas de constater les lacunes de vos stratégies.

HELEN défie tour à tour sa fille et ERNIE du regard. ERNIE observe ASHLEY qui est visiblement contrariée.

ASHLEY

Je ne vois pas pourquoi tu en fais tout un plat, au moins maintenant, nous savons à quel genre de goules nous avons à faire.

HELEN

Et à quoi peut bien te servir cette information si tu n’es plus en vie pour la relayer ? J’en ai par-dessus la tête de ton intrépidité et de ton insouciance. Je ne suis pas censée m’inquiéter, c’est toi qui es supposée me rassurer !

ASHLEY

Qu’est-ce que ça veut dire exactement ?

HELEN

Simplement que la témérité et l’excès de zèle n’ont jamais fait partie des enseignements de cette maison. Ton rôle c’est de protéger le Sanctuaire et certainement pas de t’attirer des ennuis en prenant de mauvaises décisions !

ERNIE

Helen…

ASHLEY

Alors c’est ça !

HELEN

Quoi ?

ASHLEY

Il n’y a que l’intégrité du Sanctuaire qui compte !

ERNIE

Ashley…

ASHLEY

En fait ce qui peut m’arriver tu t’en fous. Le seul truc qui t’intéresse c’est de savoir si je suis capable de faire ce boulot de cerbère à l’entrée de ton précieux sanctuaire.

HELEN

Ne sois pas ridicule.

ERNIE

Mesdames… S’il vous plait… Temps mort…

ASHLEY

Barney avait raison, certaines vérités font mal.

HELEN et ASHLEY s’affrontent du regard. HELEN semble gênée. ASHLEY montre des signes de faiblesse et ferme les yeux de douleur. HELEN s’approche alors de sa fille mais au moment où elle va la toucher, ASHLEY dégage son épaule et tourne la tête de colère.

HELEN

Tu n’as pas besoin de prouver obstinément ta valeur. Je connais mieux que quiconque tes capacités. Mais ne te méprends pas Ashley, parce que l’unique raison pour laquelle je refuse que tu prennes ce genre de risques, c’est tout simplement parce que tu es ma fille.

ASHLEY fixe le plafond les yeux pleins de colère. HELEN l’observe avec insistance et émotion mais ASHLEY ne lui prête pas attention. HELEN est attristée mais se reprend.

HELEN

Tâche de te reposer. Je reviendrai tout à l’heure pour tes soins.

ASHLEY

C’est ça… Ernie, tu veux bien rester pour me tenir un peu compagnie ?

ERNIE scrute le regard d’HELEN qui semble contrariée. Elle semble hésiter puis, résignée, accepte d’un signe de tête. ERNIE se tourne vers ASHLEY et lui adresse un large sourire.

ERNIE

Okay Ash. Est-ce que je t’ai déjà raconté comment j’ai réussi à m’échapper de cette prison panaméenne? À moins qu’elle n’ait été cubaine… enfin bref…

ASHLEY secoue la tête en souriant. ERNIE s’approche tant bien que mal. HELEN cherche le regard de sa fille sans le trouver. Avec résignation elle s’éloigne. Elle s’arrête sur le seuil de la porte et se tourne pour observer ERNIE et ASHLEY de l’embrassure de la porte.


2. Intérieur, nuit, infirmerie

CATHERINE est au chevet de PIERRE qui est relié à des appareils médicaux. Il semble dormir paisiblement. Les mains dans les poches, HELEN l’observe de l’embrassure de la porte avec un air grave. Elle s’avance doucement vers CATHERINE qui essuie ses larmes du dos de la main sans quitter PIERRE des yeux.

CATHERINE

La première fois que nous nous sommes rencontrés, c’était il y a 10 ans. Je venais de me faire dérober mon sac en descendant de voiture. PIERRE a vu la scène et a poursuivi le voleur sur trois kilomètres avant de réussir à le rattraper. Lorsqu’il m’a ramené mon sac, il était essoufflé et dégoulinant de sueur mais il avait le plus beau sourire que je n’avais jamais vu de ma vie. Une semaine plus tard, j’ai reçu un bouquet de roses flamboyantes avec un mot sur lequel était inscrit « Georges Sand a écrit un jour que « le plus grand bonheur dans la vie, c’est d’aimer et d’être aimé ». À l’instant où je lisais ces lignes, quelqu’un sonnait à la porte. Lorsque j’ai ouvert, il était là, devant moi, le regard pétillant et son plus beau sourire aux lèvres. Il s’est avancé vers moi et a ajouté : « Aujourd’hui, je comprends ce qu’elle a voulu dire parce que je sais maintenant que vous êtes la seule personne au monde avec qui j’aimerais partager ce bonheur.».

CATHERINE se tourne alors vers HELEN qui la fixe avec détresse. HELEN pose sa main sur son épaule. CATHERINE l’entoure de la sienne.

CATHERINE

Je suis née il y a 10 ans Helen, précisément le jour où j’ai croisé son regard. Ce jour-là, il est entré dans ma vie pour ne jamais en sortir. Son sourire était ma force… Maintenant je sais que c’est tout ce qu’il me reste de lui.

HELEN

Il entré dans un coma profond. (pause) Il ne se réveillera pas Catherine. (pause) Il faut te préparer.

CATHERINE

Je sais.

HELEN observe longuement CATHERINE qui a l’air à la fois triste et sereine.

CATHERINE

Son sourire est enfoui en moi… à jamais. (pause) Je suis prête à le laisser partir… et je suis sûre qu’il l’est aussi.

HELEN et CATHERINE se regardent avec force. CATHERINE reporte son attention sur PIERRE. Elle saisit sa main avec douceur puis rapproche son visage du sien. Elle se penche délicatement à son oreille et lui murmure des mots inaudibles puis colle avec tendresse son front contre le sien. HELEN s’approche silencieusement de l’appareil qui maintient PIERRE en vie sans quitter le couple des yeux.


3. Intérieur, nuit, laboratoire du complexe

Allongée sur une table, ASHLEY est inerte. Elle reprend soudain conscience en sursaut. Elle tente de bouger ses membres mais s’aperçoit qu’elle est retenue par des sangles et que son bras est relié à une perfusion. Elle tente alors de se débattre mais ses mouvements sont solidement entravés. Elle observe autour d’elle et s’aperçoit qu’il y a plusieurs caméras braquées sur elle.

ASHLEY

HEY! VOUS DERRIÈRE VOTRE PC ! DÉTACHEZ-MOI IMMEDIATEMENT ! VOUS ENTENDEZ !

ASHLEY continue de se débattre comme un diable en poussant des cris de rage. Un scientifique entre dans la pièce accompagné d’un garde armé d’un fusil. ASHLEY se fige un instant pour les observer attentivement. Sans dire un mot, le scientifique s’approche d’un ordinateur situé à quelques mètres et tape des informations au clavier.

ASHLEY

Je suppose que je perds mon temps à vous demander ce que je fais là.

GARDE

Tu supposes bien.

ASHLEY

Où est passé le grand type chauve qui était avec moi ?

GARDE

Sérieusement chérie, il devrait être le cadet de tes soucis étant donné ta situation.

ASHLEY

Le dernier comique qui m’a appelé comme ça a fini cul-de-jatte et les tripes à l’air alors je serai toi, j’éviterai ce genre de sobriquet.

Le garde la fixe avec un air amusé. Le scientifique s’approche d’ASHLEY pour vérifier les indications des appareils auxquels elle est reliée. Il évite soigneusement de la regarder. ASHLEY relève sa tête vers lui avec un sourire ironique.

ASHLEY

Tu veux savoir ce que je pense ? Je pense que tu ne bosses pas pour le bon camp. Souviens-toi de cela tant que ta tête est encore attachée à ton corps.

Le scientifique ne répond pas et ne la regarde pas. Il se penche au dessus d’ASHLEY et lui pose des électrodes sur le front et sur la poitrine puis commence à lui sangler la tête. ASHLEY essaye de résister mais le garde la maintient fermement contre la table.

ASHLEY

Vous faites une grave erreur, j’ai une excellente mémoire !

GARDE

Tant mieux pour toi.

ASHLEY

Je me souviendrai de toi. Je te jure que nous nous reverrons.

GARDE

C’est ça.

Le garde fait un signe de tête au scientifique puis adresse un sourire moqueur à ASHLEY.

GARDE

À condition que tu survives à ça… chérie…

ASHLEY l’observe avec rage et tourne la tête vers le scientifique qui actionne la machine à laquelle elle est reliée. Un bruit d’initialisation se fait entendre. Soudain ASHLEY reçoit une violente impulsion électrique. Sous la violence du choc, elle pousse un hurlement de douleur, son corps tout entier se raidit et se courbe avant de convulser violemment.


4. Intérieur, nuit, bureau d’Helen

HELEN classe des documents quand WILL entre. HELEN relève la tête et esquisse un sourire.

WILL

De nouvelles missions ?

HELEN

Seulement les affaires courantes.

WILL

Si vous avez besoin d’aide pour la paperasse…

HELEN

Il ne s’agit que de correspondances sans importance. Je crois que je vais m’en sortir. (pause) Avez-vous eu le temps de saluer Catherine avant son départ pour l’aéroport ?

WILL

Oui, justement, à ce propos, après la perte qu’elle a subit, je pensais vraiment qu’elle différerait son retour en France de quelques jours.

HELEN

Catherine ne reste jamais loin de ses responsabilités très longtemps. Pierre souhaitait se faire inhumer dans la crypte des Maudran dans le cimetière du Sanctuaire parisien, elle avait à cœur de tenir sa promesse.

WILL

Je comprends qu’elle veuille respecter ses dernières volontés mais ce départ n’est-il pas un peu précipité ?

HELEN

Nous avons tous une manière différente de réagir au décès d’un proche, vous le savez mieux que quiconque Will. Je connais Catherine, son travail de deuil ne pourra véritablement commencer que lorsqu’elle foulera à nouveau sa terre natale. Elle a juste besoin de rentrer chez elle. (pause) Au fait, Henry a obtenu la preuve que le complexe d’où nous avons extrait Pierre est bien la propriété du Consortium. Tenez, c’est plutôt accablant.

HELEN tend un dossier à WILL qui s’assoit en face d’elle. WILL prend le dossier et le feuillette en souriant alors qu’HELEN reste concentrée sur sa tâche.

WILL

Donc cette fois, les doutes ne sont plus permis, les liens entre Biotech et le Consortium sont donc confirmés. Ashley avait raison.

HELEN

En effet.


5. intérieur, nuit, aéroport

CATHERINE fait face à une grande baie vitrée de laquelle elle observe le manège incessant des avions. Une hôtesse s’approche d’elle avec précaution.

HOTESSE

Madame ?

CATHERINE se retourne, ses yeux sont brillants. L’hôtesse semble très gênée.

HÔTESSE

Voici l’ordre de transfert. Vous devrez le remettre aux autorités françaises dès votre arrivée sur place. Rassurez-vous, elles ont été prévenues. (pause) Toutes mes condoléances madame.

CATHERINE

Merci.

CATHERINE a les yeux dans le vague. L’hôtesse lui sourit avec compassion.

HÔTESSE

Votre avion décolle dans une demi-heure mais si vous le souhaitez je peux faire en sorte que vous embarquiez dès à présent.

CATHERINE

C’est très gentil mais je crois que…


En tournant les yeux vers l’extérieur, CATHERINE s’interrompt. Elle aperçoit le cercueil, dans lequel PIERRE repose, qui est en train d’être acheminé à l’intérieur de l’avion. Elle prend une grande inspiration.

CATHERINE

J’aimerais me rafraîchir un instant.

HÔTESSE

Bien sûr madame. Il y a une salle d’eau au fond de la pièce, à droite. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, surtout n’hésitez pas.

CATHERINE esquisse un sourire puis se dirige jusqu’à la pièce en question et y entre.


6. Intérieur, nuit, cellule

ASHLEY est allongée sur un lit, inconsciente. Elle s’éveille peu à peu, puis se redresse en massant douloureusement sa nuque. Elle secoue nerveusement ses mains comme pour faire circuler le sang et s’aperçoit qu’elle porte des marques de piqûre sur les bras. Elle observe autour d’elle puis entend du bruit qui provient du couloir. Elle se lève avec difficulté. Le bruit d’une porte en acier s’ouvrant et se fermant avec fracas se fait entendre. Elle s’approche de la lucarne et se trouve face à GUS.

GUS

La vie réserve parfois des surprises n’est-ce pas ?

ASHLEY

Je la trouve plutôt ironique là tout de suite.

GUS

C’est bien que tu sois réveillée. Tu as des vertiges ? Tu ressens des fourmillements dans les membres supérieurs ? Une arythmie cardiaque ?

ASHLEY le fixe avec agressivité. GUS se contente de lui sourire avec douceur.

GUS

Rien de tout cela tu es sûre ? Tant mieux. Après tout ce que nous t’avons fait subir, je m’en voudrais qu’il y ait des complications. (pause) Tu n’imagines pas la somme d’informations que l’on peut recueillir sur un sujet sans avoir besoin de le disséquer mais simplement en analysant en détail son ADN. Enfin, bien sûr, tout dépend du sujet.

ASHLEY

Bien sûr…

GUS

En ce qui te concerne, les résultats obtenus ont largement dépassé toutes mes espérances. Ton cas est vraiment fascinant. Tu n’imagines pas à quel point.

ASHLEY

Ouais c’est si émouvant que j’ai du mal à retenir mes larmes.

GUS

Il y a par exemple cette molécule que tu développes, savais-tu qu’elle possède de surprenantes propriétés régénératrices ? Grâce à elle, tu régénères tes cellules endommagées 50 fois plus vite que la normale. C’est vraiment prodigieux.

ASHLEY

Tu n’es pas encore au bout de tes surprises.

GUS

Tu m’enlèves les mots de la bouche. Il nous reste encore toute une batterie de tests à effectuer sans parler des examens en cours mais je sais déjà que grâce à toi, il ne m’est désormais plus interdit de penser décrocher un jour le prix Nobel.

ASHLEY

Je peux te dire ce que les tests ne révèleront pas, par exemple ma détermination à mettre ma proie en pièces lorsque j’en ai enfin fini avec elle.

GUS

Tu as beaucoup de volonté et ton seuil de résistance à la douleur est vraiment incroyable mais tu as beau être un cas exceptionnel, une fois que j’en aurai fini avec toi, tu ne seras plus qu’une misérable coquille vide.

ASHLEY

L’instinct de survie, tu connais ? Tu n’as pas la moindre idée de la façon dont il se manifeste chez moi. Tu es vraiment prêt à prendre ce risque ?

JOHN (voix hors champs)

Assez perdu de temps.

JOHN s’avance jusqu’à la lucarne afin de faire face à ASHLEY.

ASHLEY

J’aurai dû m’en douter. Un coup pareil, ça ne pouvait venir que de toi.

JOHN (ironique)

Il parait que la plus douce des créatures devient la plus féroce des bêtes sauvages lorsqu’elle se sent acculée. Imagine ce que ressent un prédateur blessé enfermé dans une cage contre sa volonté ? Tu sais ce qui me rend le plus fier ? C’est de savoir que grâce à moi, tu vas enfin pouvoir libérer ta véritable nature.

ASHLEY

T’imagine pas à quel point je suis douée. Mais pourquoi tu ne me laisser pas te montrer tout de suite de quoi je suis capable… papounet !

JOHN

Jusqu’à présent tu as toujours plus ou moins mis à profit les enseignements que tu as reçus. Mais il y a une règle que tu as visiblement occultée, celle de la méfiance sur ce point, tu manques encore cruellement de réussite. Ce qui explique pourquoi le chasseur se retrouve finalement à la place de la proie.

ASHLEY dévisage son père avec rage tandis que JOHN l’observe avec un sourire ironique. GUS pose une main sur l’épaule de JOHN.

JOHN

Il y a tant de colère dans ton regard. C’en est presque effrayant. Délicieusement effrayant. Je te conseille vivement de prendre du repos. Nous n’en avons pas encore fini avec toi.

ASHLEY

Je te retourne la réflexion. Je ne sais pas encore ce que vous avez fait, mais quoi que ce soit, tôt ou tard, vous paierez tous l’addition.


7. Intérieur, nuit, toilettes de l’aéroport

CATHERINE se passe de l’eau sur le visage au moment où une femme entre dans les toilettes. La femme s’approche d’elle et lui sourit furtivement. CATHERINE lui rend son sourire tandis qu’elle se sèche le visage et les mains. Elle passe derrière la femme et croise son regard alors qu’elle l’observe dans la glace avec un air étrange. Au moment où CATHERINE pose sa main sur la porte pour sortir, la femme qui se retrouve juste derrière elle lui passe violemment un bras autour de la gorge puis plaque une main sur sa bouche pour étouffer son cri. CATHERINE se débat et essaye de se métamorphoser sans y parvenir. La femme sort alors rapidement un silencieux qu’elle lui colle avec force sur la tempe. Terrorisée, CATHERINE s’immobilise.

FEMME

Tu vas faire exactement ce que je te dis si tu veux éviter un carnage. Est-ce que tu m’as comprise ? Est-ce que tu m’as bien comprise ?!

La femme la maintenant avec force, CATHERINE fait un signe de tête entendu. La femme lui chuchote à l’oreille avec un air malicieux.

FEMME

Okay. Écoute-moi attentivement. Tu vas venir avec moi sans résister et sans poser de question. Nous allons sortir d’ici ensemble comme si nous étions deux vieilles copines. Tu as plutôt intérêt à te montrer convaincante. Si tu ne joues pas le jeu, si tu bats un peu trop des cils, je serais obligée de tirer sur tout un tas d’innocents pour couvrir ma fuite. Tu n’as pas envie d’avoir leur mort sur la conscience n’est pas ?

CATHERINE secoue doucement la tête. La femme ne desserre pas son étreinte.

FEMME

Très bien. Alors je vais relâcher ma prise, enlever doucement ma main de ta bouche et ranger mon arme. Si tu fais ce que je t’ai dit, tout ira bien. Mais je te préviens je suis très rapide et je ne rate jamais ma cible. Ne me donne pas l’occasion de te le prouver. Oh et puisque tu as déjà essayé, inutile de tenter à nouveau de te métamorphoser. Je suis équipée d’un inhibiteur moléculaire.

La femme desserre son étreinte. CATHERINE, qui a toujours l’air terrorisée, arrange ses vêtements dans le silence et avec fébrilité puis tourne la tête vers la femme qui lui sourit avec une surprenante douceur. La femme fait un geste de la main pour l’inviter à sortir. CATHERINE voit le serpent et le globe entrelacés surmontés d’un œil tatoué à l’intérieur de son poignet droit. Elle prend une grande inspiration et pousse la porte avec un sourire, la femme sur ses talons.


8. Intérieur, nuit, bureau d’Helen

Tout en feuilletant le dossier, WILL jette des coups d’œil furtifs à HELEN et tapote nerveusement ses doigts sur l’accoudoir du fauteuil. HELEN relève les yeux vers lui.

HELEN

Si vous me disiez ce qui vous préoccupe.

WILL

Lorsque je suis allé voir Catherine, j’ai croisé Henry. Il m’a dit qu’Ashley n’était toujours pas rentrée. Cela fait plusieurs heures. Vous ne pensez pas que…

HELEN (l’interrompant)

Ernest a quitté le Sanctuaire en invectivant en termes peu courtois qu’il se chargeait de la ramener saine et sauve. Je ne suis donc pas inquiète.

WILL

Bien sûr que vous l’êtes ! Ashley était dans la ligne de feu quand l’avons quittée et pour être tout à fait franc, je pense que le danger n’est pas forcément celui qui paraît le plus évident.

HELEN

Que voulez-vous dire ?

WILL hésite en se tortillant sur son siège puis plante son regard dans le celui d’HELEN avec force. HELEN le scrute avec anxiété.

WILL

Vous savez, Druitt et Ernie étaient ensemble dans le complexe…

HELEN

C’est ce que j’ai cru comprendre. Vous avez fait allusion à la présence d’un champ de force inhibiteur malgré lequel ils avaient pu se téléporter.

WILL

En réalité leur manœuvre de diversion pour sortir de cellule a entraîné la neutralisation temporaire de ce bouclier. Ils ont ainsi pu s’enfuir du complexe juste à temps mais d’après Ernie, le champ de force aurait été réactivé à l’instant même de leur téléportation.

HELEN

Où voulez-vous en venir ?

WILL

S’ils ont pu fuir hors du complexe juste avant la réactivation alors comment Druitt a-t-il pu se retrouver avec vous à l’intérieur ?

HELEN

L’activation du bouclier signifie seulement que John n’aurait pas pu se téléporter à nouveau dans le complexe mais il y a des moyens plus conventionnels pour entrer Will. C’est ainsi que nous avons procédé, souvenez-vous.

WILL

Eh bien moi je suis obsédé par le fait qu’il vous ait rejoint aussi rapidement.

HELEN

Sa présence en elle-même était une aberration pour moi mais… Que cherchez-vous à me dire ?

WILL

Écoutez, j’ai bien réfléchi à propos de l’enlèvement de Pierre et de sa condition de métamorphe et franchement, il y a un truc qui ne colle pas avec toute cette histoire. Je veux dire… peut-être que les desseins du Consortium ne se résument pas seulement à un désir de domination globale à la sauce pré-apocalyptique.

HELEN

Précisez.

WILL

Okay bon que savons-nous à propos du don des métamorphes ?

HELEN

Eh bien entre autre, que ce don permet au porteur de se soustraire à un péril imminent en changeant d’apparence.

WILL

Oui et d’un point de vue général il parait évident, normal d’agir par tous les moyens pour sauver sa vie, quand bien même ces moyens seraient… disons supranormaux. Mais qu’adviendrait-il de sa légitimité si cet instinct de survie était utilisé à des fins nettement moins honorables ? Tout à l’heure vous avez dit que les Prophétiques cherchent à exploiter les dons des anormaux pour créer des êtres génétiquement modifiés dont ils pourraient contrôler la volonté et les actions.

HELEN

C’est exact.

WILL

De mon point de vue, les métamorphes répondent déjà, de par leur spécificité génétique, à une partie de leurs attentes. Je veux dire qu’ils changent d’apparence sur commande, vous imaginez les possibilités d’action ? Selon moi, pour rendre vulnérable un groupe d’individus, quoi de plus efficace que de le frapper sournoisement de l’intérieur ? Vous savez ce qu’on dit, dans un panier il suffit qu’un seul des fruits soit pourri pour qu’il contamine tous les autres. C’est un peu comme le cancer qui vous ronge sans qu’aucun signe extérieur ne trahisse sa présence dans votre organisme.

HELEN

Bien sûr, usurper l’identité d’un seul individu permet de manipuler l’esprit de tous les autres. C’est en effet une manœuvre efficace pour infiltrer l’ennemi sans éveiller le moindre soupçon. Vous avez raison, le métamorphe est déjà par essence un maître de l’illusion.

WILL

Étant donné avec quelle rapidité Catherine change d’apparence et avec quelle aisance elle s’approprie l’identité de cette nouvelle apparence, modifier la perception de la réalité d’un groupe d’individus lambda est un jeu d’enfant pour les métamorphes. Il suffit juste de bien choisir le sujet à imiter pour que l’illusion soit parfaite.

HELEN

Je comprends où vous voulez en venir mais quel est le rapport avec Ashley ?

WILL

Druitt, plus précisément.

HELEN

John ? Qu’est-ce que John a à voir avec… (pause) Attendez une seconde, vous pensez que ce n’était pas lui qui était avec nous dans le complexe ?

WILL

Je me trompe peut-être mais, oui, c’est ce que je pense. J’ai l’intuition que toute cette histoire d’enlèvement à Paris, ce n’est que de la poudre aux yeux.

HELEN prend son téléphone portable avec un air inquiet et compose nerveusement un numéro. Elle se lève avec empressement. Préoccupé, WILL fronce les sourcils puis se lève à son tour et la rejoint. Il fixe HELEN avec inquiétude tandis qu’elle attend une conversation qui n’arrive pas.

WILL

Magnus ?

Elle raccroche au bout de quelques instants visiblement contrariée. Le regard inquiet, HELEN se presse vers la porte, WILL sur ses talons.

HELEN

Qu’allez-vous faire Magnus ?

HELEN

Réparer mon erreur de jugement !


9. Intérieur, nuit, laboratoire du complexe

ASHLEY est attachée à une table et est à demi consciente. Des scientifiques s’affèrent autour d’elle. La voix de GUS résonne alors qu’il se penche au dessus de son visage. ASHLEY tourne la tête vers lui et tente de distinguer son visage mais sa vision est troublée.

GUS

C’est presque terminé. Essaye de tenir encore un tout petit peu.

GUS se tourne vers COBBOLD qui vient d’entrer. Il s’approche d’ASHLEY puis se penche au-dessus de la jeune femme avec un air satisfait.

COBBOLD

Comment réagit-elle ?

GUS

Ses signes vitaux sont stables. La pression artérielle est élevée et elle souffre d’une légère déshydratation consécutive aux injections en dehors de cela il n’y a aucun problème. Comme vous le voyez professeur, nous sommes opérationnels, phase par phase.

COBBOLD

Parfait. Passez immédiatement à la phase trois.

GUS

Vous êtes sûr ?

COBBOLD (voix hors champ)

Absolument.

GUS

Très bien. Faites entrer le sujet receveur.

COBBOLD

Cette fois, je ne tolérerai aucune erreur. Vous m’avez bien compris ?

GUS

Il n’y en aura pas, professeur.

Deux scientifiques entrent avec un brancard. GUS leur fait signe de positionner le brancard près de lui, à quelques mètres d’ASHLEY. COBBOLD et GUS observe avec attention le sujet allongé. Grimaçant de douleur, ASHLEY tourne la tête sur le côté. Elle tente de distinguer la personne qui retient tout leur attention. CATHERINE tourne à son tour la tête vers ASHLEY. Elle a l’air très anxieuse.

CATHERINE

Ashley? Ashley tu vas bien? Ashley? Parle-moi !

La voix de CATHERINE résonne dans la tête d’ASHLEY qui essaye en vain de répondre. À bout de force, incapable de prononcer la moindre de parole, elle sombre dans l’inconscience.

COBBOLD

Bien. Commencez le processus.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Trop trop bon, mais que va-t-il arriver à Ashley?

Anonyme a dit…

la suite est pour ce soir?