Quest-ce que Sanctuary?

Sanctuary est une websérie crée en 2007 par Damian Kindler et Martin Wood.

Producteurs exécutifs : Marc Aubanel, Damian Kindler, N. John Smith, Amanda Tapping, Martin Wood.

Cast
Amanda Tapping ........................................................................ Docteur Helen Magnus
Robin Dunne .......................................................................... Docteur Will Zimmerman
Emilie Ullerup ..................................................................................... Ashley Magnus
Christopher Heyerdahl .................................................................. Montague John Druitt
Bigfoot ..................................................................................................... Bigfoot

Introduction saison virtuelle

Disclaimer

Tous les personnages publiquement reconnaissables, les lieux, etc sont la propriété de leurs propriétaires respectifs. Les personnages originaux et l'intrigue sont la propriété de l'auteur. Ce travail n'est pas rémunéré. Aucun droit d'auteur n'est enfreint.


vendredi 17 avril 2009

Episode 9, Webisode 1

Webisode 1



1. Intérieur, nuit, bureau d’Helen

HELEN est derrière son bureau, en train de téléphoner.

HELEN

Je sais que tu n’es pas un rat de laboratoire, néanmoins, je dois absolument savoir si le nouveau traitement que je t’ai donné est efficace alors je… Lindsay… voyons, je t’assure que… Lindsay… LINDSAY ! (pause) Voudrais-tu te taire et m’écouter un instant s’il te plait ! Ton ancien traitement est devenu totalement inefficace et tu ne peux pas vivre sans médication alors fais-moi plaisir, prends ces satanées pilules sans discuter ! … Je suis désolée. C’est juste que tu vas finir par me rendre folle. Tu peux parfois te montrer aussi entêtée qu’Ashley… Elle va bien même si elle m’inquiète un peu… Entre nous ? Eh bien nos rapports sont encore tendus mais nous arrivons à nous parler… Oui, j’apprécie cette relative accalmie entre nous, nous en avions vraiment besoin. (Des bruits suspects se font entendre) Et comment va Liz ? (pas de réponse) Lindsay ? (Pas de réponse) Lindsay ?


2. Intérieur, nuit, appartement de Lindsay, salon

Le téléphone pend dans le vide. Au loin, le corps inconscient de LIZ est étendu sur le sol.

HELEN (hors champ)

Lindsay ?... Réponds-moi s’il te plait ! Lindsay ??


Générique

3. Intérieur, nuit, salle de sport

ASHLEY est en train de faire du tai-chi. HELEN arrive.

HELEN

J’aimerais que tu te rendes immédiatement chez Lindsay.

ASHLEY, en sueur, interrompt son exercice pour fusiller sa mère du regard.

ASHLEY

Je suis un peu occupée comme tu peux le voir.

HELEN

Ton entraînement peut attendre. Je crains que quelque chose de grave ne lui soit arrivé.

ASHLEY se rapproche du banc en montrant quelques signes d’irritation. Elle s’essuie le visage avec sa serviette et boit un peu d’eau.

ASHLEY (sèchement)

Tu n’as qu’à lui passer un coup de fil.

HELEN

C’est précisément parce que nous étions justement au téléphone que je pressens qu’il a dû lui arriver quelque chose. Durant notre conversation, j’ai entendu plusieurs bruits suspects… puis soudain, le silence.

ASHLEY

Maman… Il fait orage depuis deux jours. Tu vis dans quelle dimension ? (pause) La communication a tout simplement dû être coupée.

HELEN

Je suis certaine qu’il ne s’agit pas de cela.

ASHLEY

Alors elle a sûrement dû en avoir marre de tes discours métaphoriques.

HELEN (irritée)

Ashley, s’il te plait ! (pause) Nous perdons un temps précieux.

ASHLEY (étonnée)

Woa, inutile de s’exciter. (pause) Si ça peut te rassurer je…

HELEN (l’interrompant)

Je suis très sérieuse, j’ai vraiment un mauvais pressentiment.

ASHLEY (levant les mains)

J’y vais, inutile de jouer les matons !

HELEN

Merci.

ASHLEY sort précipitamment de la pièce, sa serviette sur l’épaule, sous le regard inquiet d’HELEN.


4. Intérieur, nuit, voiture

Une voiture roule. À l’intérieur, LINDSAY est allongée sur la banquette arrière, inconsciente.


5. Intérieur, nuit, appartement de Lindsay, salon

Des bruits de pas se fond entendre. LIZ est inconsciente près du canapé. ASHLEY entre dans la pièce et son regard tombe sur son amie. Elle se précipite vers elle.

ASHLEY

Merde ! Liz ! (pause) Allez, réveille-toi !

ASHLEY lui tapote les joues. LIZ revient doucement à elle.

LIZ (groggy)

Ashley ? (pause) Mais qu’est-ce… (pause) Qu’est-ce qui s’est passé ?

ASHLEY

J’allais te poser la même question. (pause) Rien de cassé ?

LIZ

Non je ne crois pas.

Liz se redresse doucement soutenue par ASHLEY qui observe l’arrière de son crâne.

ASHLEY

C’est une vilaine blessure. Tu te souviens de quelque chose ?

LIZ (se tenant le crâne)

Attends une seconde. (pause) J’étais venue voir ma mère pour lui parler d’un truc urgent. J’ai utilisé mes clés pour entrer et je l’ai appelé mais elle n’a pas répondu. Lorsque je suis entrée dans le salon, j’ai reçu un coup sur la tête. J’ai dû tout de suite perdre connaissance.

ASHLEY

Ouais un coup plutôt violent on dirait. Je suppose que tu n’as pas eu le temps de voir ton agresseur.

LIZ

Heu… Non. (après quelques instants) Où est ma mère ?

ASHLEY

J’espérais que tu allais me le dire. En fait, c’est justement pour ça que je suis ici.

LIZ lève un sourcil inquisiteur tandis qu’ASHLEY sort son téléphone portable.

ASHLEY (à LIZ)

Lindsay et ma mère étaient au téléphone au moment où elle a sans doute été attaquée.

LIZ

Je ne comprends pas. Qui a bien pu faire ça et pour quelle raison ?

ASHLEY

Oh, ça, je peux t’en donner une bonne centaine. N’oublie pas avec qui vous bossez Liz. Être en bons termes avec les Magnus se révèle toujours être une source d’ennuis.

LIZ

Il faut la retrouver.

LIZ tente de se lever mais ASHLEY l’oblige à rester immobile tout en calant le téléphone portable à son oreille avec son épaule.

ASHLEY

Wow, du calme Liz. (au téléphone) C’est moi. J’ai besoin de la voiture… Liz est blessée et Lindsay a disparu.


6. Extérieur, nuit, porche d’un château

Un homme ouvre la portière et sort le corps inconscient de LINDSAY. Il monte quelques marches menant à l’entrée ou une femme assez âgée attend.

HOMME (ironique)

Où dois-je mettre le colis ?

FEMME

Fais preuve d’un peu plus de respect envers elle ! Ce n’est pas une marchandise que tu transportes.

HOMME

Désolé.

FEMME

Installe-la dans la chambre du premier. Elle a été spécialement préparée pour elle.

HOMME

Très bien.

L’homme rentre dans le château. La femme regarde droit devant elle, scrutant l’horizon, anxieuse. Un craquement la fait sursauter, effrayée, la femme ferme la porte avec hâte.


7. Intérieur, nuit, appartement de Lindsay, salon

LIZ est assise à la table, une poche de glace sur sa nuque. ASHLEY arrive, une boîte en bois dans sa main.

ASHLEY

Il n’y a aucune trace d’effraction nulle part. (pause) Comment va ta tête ?

LIZ

Disons que j’ai été en meilleure forme.

ASHLEY montre la boîte à LIZ. Un symbole circulaire orne le couvercle de la boîte.

ASHLEY

J’ai trouvé ça par terre près de la bibliothèque.

LIZ

Ma mère n’a jamais voulu que j’y touche mais je sais qu’elle tient énormément à cette boîte. La dernière fois que j’ai essayé de forcer la serrure, j’ai eu droit à des représailles d’anthologie. Et je ne te parle même pas des privations qui s’en sont suivies.

ASHLEY (souriant)

Ce n’est pas nécessaire.

ASHLEY secoue la boîte, quelque chose de léger cogne contre les parois.

ASHLEY

Il y a un truc dedans. Plutôt léger, genre papier ou carton. Tu as une idée de ce que ça peut être ?

LIZ

Non aucune. Mais je suppose que cette boîte, ou son contenu, doit avoir une grande valeur sentimentale pour ma mère. Tu vois, dans le genre « héritage familial ».

ASHLEY

Plutôt curieux que Lin ne t’en ai jamais parlé non ?

LIZ (sarcastique)

Je ne sais pas… Est-ce que ta mère aime débattre de son passé avec toi ?

ASHLEY (souriant)

Touché ! Donc si je comprends bien, cette boîte doit lui rappeler des mauvais souvenirs ou un truc du genre. C’est plutôt mince comme indice, mais c’est un début.

LIZ (souriant)

Dis donc, tu donnes dans la psychanalyse toi maintenant ? Est-ce que le séduisant Docteur Zimmerman exercerait une curieuse influence sur toi ?

ASHLEY (soupirant)

Pitié Liz, ce n’est vraiment pas le moment.

ASHLEY se met à examiner le dessus de la boîte. LIZ l’observe avec attention.

ASHLEY

J’ai déjà vu ce symbole quelque part. (pause) Dans un bouquin je crois. (pause) Mais je n’arrive pas à me souvenir.

LIZ (secouant la tête)

Et en plus elle s’est mise à la lecture. Alléluia ! (pause) Il a d’autres choses incroyables sur toi que je dois savoir ?

ASHLEY (souriant)

La ferme Liz. (pause) Quoi qu’il en soit, même si cette boîte n’a rien à voir avec la disparition de ta mère, je la prends. Je n’ai pas peur des représailles, c’est mon côté masochiste.

Quelqu’un frappe à la porte. ASHLEY et LIZ tournent la tête pour voir arriver BIGFOOT.

ASHLEY

On dirait que la voiture de madame est avancée.

LIZ

Tu sais que tu viens de me priver d’une fantastique balade nocturne à moto.

ASHLEY aide LIZ à se mettre debout. BIGFOOT vient soutenir LIZ.

ASHLEY

En fait c’est surtout d’un chauffeur hors pair dont je ne voulais pas te priver. Tu vas vraiment adorer sa conduite virile.

ASHLEY adresse un sourire espiègle à LIZ qui regarde BIGFOOT avec inquiétude. BIGFOOT émet un léger grognement en secouant la tête de dépit.


8. Intérieur, nuit, château, chambre

La femme regarde LINDSAY. Celle-ci est allongée, toujours inconsciente, dans un lit. Un homme entre. Il est aussi âgé que la femme.

HOMME

Peut-être devrions-nous l’attacher.

FEMME

La voir ainsi m’est déjà insupportable alors, non, tu ne l’enchaîneras pas.

HOMME

Et si elle tente de fuir ?

FEMME (affligée)

Dois-je te rappeler de qui nous sommes en train de parler ?

HOMME

Cela ne change rien. J’agis pour le bien du clan. Nous avons beaucoup trop à perdre si elle nous échappe.

FEMME (les larmes aux yeux)

Crois-tu que je l’ignore ?

L’homme s’approche de la porte et se retourne vers la femme qu’il considère avec sévérité.

HOMME (froidement)

Si nous échouons, tu en porteras l’entière responsabilité.

FEMME

Comme cela a toujours été le cas avec toutes les femmes de notre clan. Je veux bien porter ce fardeau à condition que nous agissions à ma manière. Il ne lui sera fait aucun mal.

HOMME

Je te prédis pourtant qu’il faudra faire usage de la force pour la contraindre à s’exécuter. Je n’aurai aucune hésitation le moment venu. J’ose espérer que ce sera la même chose pour toi.

L’homme sort. La femme reste interloquée et semble désemparée. Elle sort un médaillon de sous son chemisier et se met à le triturer. Le médaillon a la même forme que le symbole présent sur la boîte de LINDSAY.


9. Intérieur, nuit, infirmerie

LIZ est couché sur un des lits, HELEN est debout à ses côtés et examine l’arrière de son crâne. ASHLEY se tient en retrait.

HELEN

Ta capacité de régénération est toujours aussi remarquable, la plaie est superficielle. Néanmoins, Ashley a eut raison de prendre quelques précautions.

LIZ

À force de me couver je ne pourrais bientôt plus rien faire sans toi, Helen.

HELEN lui sourit avec tendresse mais LIZ reste les yeux dans le vague. HELEN lui applique une main bienveillante sur l’épaule pour l’inviter à la regarder dans les yeux.

HELEN

Nous la retrouverons ne t’inquiète pas.

LIZ répond à son sourire sans toutefois paraître vraiment rassurée. WILL entre.

WILL

Je vous cherchais à l’étage. (pause) Qu’est-il arrivé à Liz ?

ASHLEY (ironique)

Tu as raté le dernier train ?

WILL

Désolé, j’étais en consultation à l’hôpital, Cavanaugh avait besoin d’un service.

HELEN

Liz se trouvait dans l’appartement de mon amie Lindsay lorsque cette dernière a été attaquée. Elle s’est trouvée sur le chemin des ravisseurs et…

WILL (interloqué)

Des ravisseurs ?

HELEN

Oui, voyez-vous, il est arrivé quelque chose de fort regrettable…

ASHLEY (l’interrompant)

Ce que ma mère essaie très directement de te dire c’est que Lindsay a été kidnappée.

WILL

Kidnappée ?

ASHLEY

Ce que j’aime chez toi Will, c’est ta vitesse de compréhension.

WILL observe ASHLEY en lui faisant un sourire forcé. ASHLEY le lui rend avec espièglerie. HELEN secoue la tête de dépit ce qui amuse LIZ.

WILL

Vous avez une idée de qui a bien pu faire ça ?

HELEN

Nous n’avons aucune piste pour le moment.

LIZ

En réalité, nous avons peut-être quelque chose. Montre-leur Ash.

HELEN et WILL observent ASHLEY avec curiosité. ASHLEY sort la boîte enveloppée dans un linge de son sac à dos. Elle la tend à HELEN.

ASHLEY

C’était par terre chez Lindsay. Mais nous ne savons pas ce qu’elle contient. Et puis ça n’a peut-être aucun rapport avec son kidnapping.

HELEN prend la boîte que lui tend ASHLEY et observe l’objet sous tous les angles.

HELEN

Oui, j’ai déjà vu cette boîte. Elle appartient à la famille de Lindsay depuis plusieurs générations. Toutefois, Lindsay ne m’a jamais rien dit à propos de son contenu. (pause) La serrure ne me semble pas difficile à crocheter néanmoins, avant de procéder à son ouverture, l’objet sera passé aux rayons X afin de garantir notre sécurité.

HELEN quitte la pièce suivie par tout le monde.


10. Intérieur, nuit, laboratoire d’Helen

HELEN effectue sa manipulation aux rayons X et observe les résultats sur l’écran. La boîte semble contenir une feuille de papier roulée sur elle-même.

ASHLEY

On dirait un parchemin.

HELEN

Oui, c’est aussi ce que je pense. (pause) Il n’y a aucun danger. Nous pouvons l’ouvrir.

ASHLEY crochète la serrure et ouvre délicatement la boîte. HELEN prend le document avec une pince et le pose sur la table avec précaution. Elle déroule minutieusement le parchemin puis ASHLEY applique sur le document une large pièce de verre pour le maintenir à plat. ASHLEY, WILL et LIZ se penchent sur le texte.

WILL

Ce parchemin a l’air plutôt ancien.

HELEN

C’est exact. Cependant, il va nous falloir de l’aide. Je vais être incapable de le déchiffrer.

WILL

Je croyais que vous…

HELEN (souriant)

Que je maîtrisais toutes les formes de sciences ? Navrée de vous décevoir Docteur Zimmerman, mais je ne suis pas linguiste. Toutefois je suis sûre d’une chose, la langue dans laquelle il est rédigé ressemble à de…

LIZ (l’interrompant)

… l’Irlandais.

HELEN, ASHLEY et WILL observent LIZ avec étonnement.

LIZ

Ma mère a souvent insisté pour que je prenne quelques cours. Après tout, il s’agit de sa langue maternelle.

HELEN

C’est tout à fait exact. Ce texte présente de fortes analogies avec l’Irlandais toutefois, à en juger par l’aspect de cette calligraphie, je pense qu’il s’agit d’une forme vraiment très ancienne d’écriture celtique ou gaélique. À première vue, l’encre qui a servi pour rédiger ce texte semble être du sang.

ASHLEY

Là, ça commence à devenir un peu plus intéressant.

WILL

Vous en êtes sûre ?

HELEN

Le sang est le seul langage que je peux reconnaître au premier coup d’œil Docteur Zimmerman. Mais je peux me tromper. Quoi qu’il en soit, nous devons effectuer des recherches sur le symbole de la boîte. Pouvez-vous vous en occuper ?

WILL (prenant la boîte)

Aucun problème.

ASHLEY

Attendez une seconde… Ça y est ! Je me souviens où j’ai déjà vu ce symbole : dans un bouquin de mythologie celtique. Ça a fait tilt quand tu as parlé d’écriture celtique. (pause) Je crois qu’il est lié à la légende de Ria quelque chose.

HELEN

Rhiannon ?

ASHLEY (souriant)

Rhiannon. C’est ça. Tu vois que je me souviens encore de certains des cours de Barney.

HELEN semble agréablement surprise et gratifie sa fille d’un large sourire. Elle s’adresse ensuite à WILL.

HELEN

Très bien vous savez déjà où orienter vos recherches. Pendant ce temps, je vais procéder à quelques analyses sur l’encre du parchemin.

WILL s’apprête à quitter la pièce quand LIZ s’approche de lui.

LIZ

Je viens avec toi. J’ai besoin de m’occuper l’esprit et mes connaissances sur la culture celtique pourraient t’être utiles.

ASHLEY

Et moi je vais poser quelques questions en ville, on ne sait jamais.

HELEN

Excellente idée.

HELEN observe ASHLEY, WILL et LIZ quitter la pièce.


11. Intérieur, nuit, chambre château

Une jeune fille est en train de plier quelques vêtements qu’elle pose ensuite sur une chaise. LINDSAY, allongée sur le lit, se réveille doucement. Elle observe la pièce où elle se trouve mais ne semble pas surprise. La jeune fille s’aperçoit de sa reprise de conscience et s’avance vers elle.

JEUNE FILLE

Comment te sens-tu Liadan ?

LINDSAY

Ne m’appelle pas comme ça Katelynn !

KATELYNN

C’est pourtant ton prénom.

LINDSAY

Non je m’appelle Lindsay. Liadan fait partie de mon passé. Elle est morte depuis longtemps et tu le sais.

KATELYNN

Malgré ce que tu dis, tu seras toujours Liadan pour moi et pour notre clan.

LINDSAY observe KATELYNN avec tristesse, puis lui saisit une main avec douceur. KATELYNN lui sourit avec tendresse.

KATELYNN

Si tu savais comme tu m’as manqué.

LINDSAY

Je n’ai jamais cessé de penser à toi. Mais tu sais que je n’avais pas le choix. (pause) Où est Connor ?

KATELYNN

Il prépare la cérémonie. Il viendra te voir plus tard lorsque tu te seras lavée, changée, et nourrit.

LINDSAY

Je veux le voir maintenant.

KATELYNN

C’est impossible Liadan. Tu le sais très bien.

LINDSAY

Kat, je t’en prie, laisse-moi lui parler.

KATELYNN

Tu connais nos us et coutumes. Tu sais bien que c’est trop tôt.

LINDSAY

Comment peux-tu accepter ça ? Comment peux-tu laisser Connor nous faire ça sans te révolter ?

KATELYNN

C’est ainsi Liadan. C’est notre destin. Nous ne pouvons rien faire pour le changer. Lorsqu’à ton tour tu l’auras accepté, tu seras en paix. Rhiannon t’y aidera.

LINDSAY porte une main à son front en fermant douloureusement les yeux. KATELYNN pose un regard inquiet sur elle.

KATELYNN

Quelque chose ne va pas Liadan ?

LINDSAY (secouant la tête)

Ce n’est rien… quelques maux de tête. J’ai juste besoin de mes médicaments, pourrais-tu…

KATELYNN (l’interrompant)

Je suis désolée, Finnian les a jetés à ton arrivé.

LINDSAY

Quoi ?

KATELYNN

Tu sais bien qu’aucune médicine n’est autorisée ici.

LINDSAY

Mais j’ai vraiment besoin de ces pilules Kat ! Ramène-les-moi et vas me chercher Connor immédiatement ! S’il te plait fais-le pour moi. C’est tout ce que je te demande.

KATELYNN

Je ne peux pas je suis désolée.

LINDSAY retombe lourdement sur son oreiller, une main posée sur son front.


12. Intérieur, nuit, bibliothèque

LIZ balance un nouveau livre sur la table en soupirant, alors que WILL note quelques informations sur une feuille. HELEN arrive.

HELEN

Je te suggère de passer ta colère sur un adversaire qui pourra répondre à tes coups Liz.

LIZ (se passant une main sur le visage)

J’ai l’impression de tourner en rond et de ne servir à rien. Ca me rend folle !

HELEN (souriant)

Je comprends ton inquiétude et ta frustration mais toute cette énergie peut être mise à profit d’une toute autre manière. Lindsay a besoin de nous, ce n’est pas le moment de douter.

LIZ (tristement)

Tu as raison Helen. Je suis désolée.

HELEN

Il est vraiment important que nous restions tous très concentrés.

WILL (se raclant la gorge)

Vous avez trouvé quelque chose ?

HELEN

Le parchemin a bien été écrit avec du sang humain. Après plusieurs analyses, j’ai découvert que ce sang présente certaines similitudes avec celui de Lindsay.

LIZ

Ce qui veut dire ?

HELEN

Que ce texte a certainement dû être rédigé de la main d’une ancêtre de ta mère.

WILL

D’accord mais pourquoi avec du sang ?

HELEN

Question très pertinente mais je n’ai malheureusement pas encore la réponse. Je dois justement me rendre chez Wexford pour obtenir une traduction exacte du texte. Peut-être pourra-t-il m’en apprendre davantage sur les méthodes utilisées pour sa rédaction.

WILL

Je l’espère. (pause) À propos du symbole de la boîte, j’ai découvert quelque chose qui pourrait vous intéresser.

HELEN

Je vous écoute.

Will prend un livre et se met à lire.

WILL

Il s’agit d’un « Triquetra » appelé également "nœud celte" ou encore "nœud de la trinité". Ce mot se référencie à un symbole circulaire et provient du latin : "try", "ket", et "ra", signifiant littéralement "3 coins". Il y a de multiples interprétations de ce symbole mais celle de la notion de temps passé, présent et futur ainsi que celle de l'évolution d'un cycle de vie avec la naissance, la vie et la mort figurent parmi les plus courantes. Chez les celtes, ce symbole est surtout utilisé pour représenter la Triple Déesse, fille, mère et aïeule, le mystère éternel de la féminité. Le cercle symbolise leur réincarnation et le motif entrelacé restitue la relation naturelle mais reflète également le cycle terrestre de 24 heures.

HELEN

Tout ceci est très intéressant, Docteur Zimmerman, mais en quoi est-ce lié à Lindsay ?

WILL

Eh bien, de nombreux clans irlandais utilisent ce type de symbole en guise d’armoirie ou d’emblème. C’est une sorte de code qui leur donne une place précise dans la communauté.

HELEN

Je ne vois toujours pas où vous voulez en venir.

WILL

Lindsay est d’origine irlandaise et ce symbole se trouve sur une boîte contenant un parchemin écrit de la main d’une de ses aïeules. Je ne sais pas pour vous mais un jour Ashley m’a dit qu’elle ne croyait pas aux coïncidences. Je suis bien obligé d’admettre que depuis que je la côtoie j’ai également un peu perdu cette habitude.

LIZ

Will a raison, ce n’est pas une coïncidence. Si c’est bien le symbole du clan de la famille de ma mère, cela veut peut-être dire que ce sont eux qui l’ont enlevée.

WILL

Attends, pourquoi sa propre famille l’aurait-elle kidnappée ? Ça n’a vraiment aucun sens.

HELEN

N’allons pas trop vite dans nos conclusions, nous ne sommes sûrs de rien pour l’instant. Je vous suggère de continuer vos recherches durant mon absence. Nous devons absolument savoir quel est le lien précis entre Lindsay et ce symbole. Nous avons très peu de temps.

HELEN lance un regard inquiet à WILL et LIZ avant de s’approcher de la porte et de sortir.

vendredi 10 avril 2009

Episode 8, Webisode 4

Webisode 4



1. Extérieur, nuit, ruelle

ASHLEY et WILL courent toujours. Ils tournent dans une rue et se cachent derrière un container pour reprendre leur souffle.

WILL

Comment tu as fait ça ?

ASHLEY (massant sa main)

Comment j’ai fait quoi ?

WILL (la regardant faire)

Comment as-tu réussi à te libérer ?

ASHLEY

L’année de mes 12 ans, je me suis cassée la main. (pause) Un combat entre Liz et moi, amical bien sûr mais… enfin, c’est elle qui a gagné. Quoi qu’il en soit, depuis ce jour, je suis capable de me déboîter le pouce sur commande.

WILL (grimaçant)

Et ça fait mal ?

Un crac se fait entendre alors qu’ASHLEY laisse échapper un furtif gémissement de douleur.

ASHLEY

Pas autant que lorsque je le remets en place. (pause) Il faut qu’on bouge, on ne peut pas rester ici c’est trop risqué.

WILL

Pourquoi ?

ASHLEY (sortant son téléphone et le mettant à l’oreille)

Je suis coupable de délit de fuite et sans compter que je viens de mettre trois policiers au tapis. Notre capture doit certainement être devenue un objectif prioritaire et je n’ai pas envie de me retrouver défigurée par un de leurs molosses. D’autres questions ?

WILL

Non. C’est très… réconfortant.

ASHLEY (au téléphone)

C’est Ash, j’ai besoin de la voiture en urgence.

ASHLEY observe WILL qui regarde autour de lui, l’air inquiet.


Générique


2. Extérieur, nuit, rue Lepic

JOHN tient HELEN contre lui son arme toujours sur sa gorge.

HELEN (dédaigneuse)

Voici donc ta conception de la vérité. Elle est très probante en effet.

JOHN

Je pourrais desserrer mon étreinte, mais uniquement si tu promets de te tenir tranquille.

HELEN

Et si je ne le fais pas ? (pause) Tu me trancheras la gorge ?

JOHN

Si je voulais vraiment te tuer, crois-moi, tu serais déjà morte. (pause) Aies confiance en moi.

HELEN

Avoir confiance en toi ? C’est une chose qui n’arrivera plus jamais John Druitt.

JOHN resserre son étreinte mais d’une façon plus sensuelle. Il pose sa tempe contre celle d’HELEN, descend son bras gauche, l’enroule autour de sa taille pour se lover contre elle et approche ses lèvres de son oreille. HELEN ferme les yeux, enivrée par son souffle.

JOHN

Ce n’est pas ce que j’ai ressenti lorsque ton corps s’est à nouveau passionnément uni au mien. (pause) Ton désir pour moi était si hypnotique…

HELEN (embarrassée)

Je… Je n’étais pas moi-même.

JOHN

Tu étais si ardente cependant. (pause) Comme tu l’as si souvent été par le passé.

HELEN (troublée)

John… Je t’en prie… Ne fais pas cela. (pause) Surtout ne te méprends pas je…

JOHN (l’interrompant)

Cela ne change en rien ce que je t’ai dit cette nuit-là Helen. Malgré ma colère et ma frustration, j’ai encore tant d’amour… pour toi… pour notre fille…

HELEN se raidit soudain et fronce les sourcils en serrant les poings. Le bras gauche de JOHN quitte la taille d’HELEN pour s’enrouler autour de ses épaules.

HELEN (haussant la voix)

Tu éprouves de l’amour pour Ashley ? (pause) C’est par amour que tu l’as enlevée ? As-tu une idée du mal que tu lui as fait ? Rien que pour cette raison je pourrais te…

JOHN (haussant la voix)

Du mal que JE lui ai fait ? (pause) Tu es sa mère et pourtant tu lui as menti volontairement toute sa vie durant. Alors dis-moi Helen, lequel de nous deux lui a fait le plus de mal ?

HELEN est sur le point de répondre mais se ravise, perturbée par ce que vient de lui dire JOHN.

JOHN

Que penses-tu avoir déclenché en lui cachant la vérité à propos de ses origines ? (pause) Ashley est ma fille autant que la tienne. (pause) Peut-être même davantage…

HELEN (perplexe)

Que veux-tu dire ?

JOHN relâche soudain son étreinte. HELEN se dégage lentement puis se retourne face à JOHN. Il plonge son regard brûlant dans le sien.

JOHN

J’ai senti une force indescriptible en elle, une force si familière, si délicieusement destructrice…

HELEN (l’interrompant)

Tu te trompes, John ! Ashley n’est pas comme toi. Je ne voulais pas que cette pensée l’obsède. C’est précisément pour cette raison que je ne lui ai pas parlé de toi. Je voulais la protéger d’un passé que je souhaite oublier.

JOHN

Que tu souhaites oublier ? (pause) Comment le pourrais-tu alors que chacune des attitudes, chacune des pensées d’Ashley te rappelle l’homme qui l’a engendré ?

HELEN semble perdue, troublée. Elle fixe JOHN sans répondre. JOHN la gratifie d’un sourire narquois.

JOHN

Dis-moi Helen, que vois-tu vraiment lorsque tu regardes notre fille ? Les prémisses de ta déchéance ? Ton inexorable faiblesse ? Ou la plus pitoyable de tes erreurs ?

HELEN (avec force)

Elle n’est pas une erreur John ! (pause) Elle ne l’a jamais été.

JOHN

Et cependant, elle est ma fille. Pourquoi Helen ? Pourquoi l’avoir gardée ? (pause) Répond !

HELEN (douloureusement)

Parce qu’elle… parce qu’elle était…

JOHN

Quoi ? (pause) Parce qu’elle était quoi !

HELEN (bouleversée)

Mon Dieu John… (pause) Parce qu’elle était tout ce qui me restait de toi !

HELEN et JOHN se fixent sans mot dire, ébranlés et interdits. HELEN, les larmes aux yeux, lutte pour ne pas s’effondrer. JOHN se détourne pour masquer sa peine. HELEN lui adresse alors un regard plein de compassion tandis qu’elle le voit serrer les poings de rage.

HELEN (douloureusement)

Tu n’as aucune idée de ce qu’elle représente pour moi. Tu n’en as aucune idée…

JOHN

Comme tu ne pourras jamais imaginer ce que son absence a pu représenter.

JOHN contemple à nouveau HELEN, avec une rage contenue tandis qu’HELEN le fixe avec gravité. Soudain, JOHN lui saisit la nuque avec sa main gauche et de l’autre appuie la lame de son arme contre son cou.

JOHN (avec frénésie)

Je pourrais t’égorger ou te briser la nuque d’un seul coup.

HELEN

Alors qu’attends-tu John ! FAIS-LE !

JOHN la fusille du regard en tremblant. HELEN est paralysée. JOHN rapproche son visage de celui d’HELEN puis pose son front contre le sien. Ils ferment les yeux.

JOHN

Non. Ce serait un châtiment trop doux. En réalité, j’ai l’éternité devant moi pour savourer ma vengeance. Je vais me délecter de chaque instant qui éloignera chaque jour un peu plus ma fille de sa mère. Ta plus grande force est devenue ta plus grande faiblesse et, le moment venu, Ashley accomplira ce que je n’ai pas su faire en cet instant. Je saurai être patient Helen.

Leurs fronts se séparent. HELEN et JOHN se regardent droit dans les yeux. HELEN est bouleversée et JOHN triomphant. Soudain, un cri se fait entendre. Tous deux tournent la tête en direction du hurlement. HELEN se met à courir alors que JOHN disparaît dans un flash.


3. Extérieur, nuit, ruelle

La voiture de BIGFOOT apparaît et s’immobilise. ASHLEY sort de la ruelle en regardant partout, puis fait signe à WILL de la suivre. Dès que la porte arrière est fermée, la voiture démarre.


4. Extérieur, nuit, rue Cauchois

JOHN réapparaît. Un homme est penché au-dessus d’une femme, en train de lui ouvrit l’abdomen. Mais en voyant JOHN, il disparaît dans un flash bleu-vert. HELEN arrive alors en courant.

HELEN

John !

JOHN

Nous arrivons trop tard.

HELEN

As-tu vu le visage de son agresseur ?

JOHN

Non mais je suis sûr d’une chose, c’était un imitateur. Un être capable de s’approprier les dons des autres.

HELEN

Pourquoi aurait-il précisément pris ton identité ?

JOHN

Ce n’est pas après moi qu’il en a, mais après toi. C’est pour cela que je t’ai fait venir ici. En assimilant ma personnalité et en utilisant mon mode opératoire, il voulait assouvir ma propre vengeance.

HELEN

Alors tu m’as attiré ici pour…

JOHN

… te protéger. Oui je sais, c’est totalement absurde. Je dois être encore plus fou que je le pensais pour vouloir protéger une femme qui ne semble plus avoir aucun sentiment pour moi.

HELEN

John… je…

Soudain, l’homme apparaît derrière HELEN et met sa lame sous sa gorge. JOHN esquisse un geste mais l’homme resserre son étreinte faisant perler une goutte de sang sur le cou d’HELEN. JOHN lève alors ses mains au niveau de son torse comme s’il était menacé par une arme.

HOMME

Un pas de plus et je n’hésiterai pas à lui trancher la gorge.

JOHN

Inutile de froisser les susceptibilités. Je n’ai aucunement l’intention de bouger.

HELEN

Que voulez-vous ?

HOMME

Oh rien. J’ai juste une envie irrésistible de vous ouvrir l’abdomen et de vous vider de vos viscères. C’est une sensation étrange… délicieusement douloureuse…

HELEN

Je peux tout expliquer. Votre nouveau pouvoir est simplement en train de vous rendre…

HOMME

Fou ? (pause) Quelle perspicacité Docteur Magnus.

HELEN

C’est un résumé un peu simpliste mais c’est effectivement ce qui est en train de vous arriver. Votre état ne va faire qu’empirer et deviendra irréversible si vous vous obstinez à utiliser ce pouvoir. Acceptez mon aide.

JOHN

Vous devriez vraiment l’écouter.

HOMME

La ferme !

HELEN

Certaines parties de votre cerveau sont un peu plus endommagées à chaque fois que vous usez de ce don. C’est ce qui cause votre psychose et provoque les douleurs qui y sont associées. Vous avez besoin d’une médication. Je peux vous soulager. Laissez-moi vous…

HOMME (resserrant la lame sous la gorge d’HELEN)

La ferme ! La ferme ! Vous dîtes cela pour me distraire Docteur. Mais je ne suis pas Montaigue John Druitt. L’amour ne m’aveugle pas.

JOHN

Elle ne vous ment pas croyez-moi.

HELEN

Écoutez-moi, je vous en prie. Je peux réellement vous aider. Mais vous devez me faire confiance.

HOMME (resserre sa lame, une ligne de sang apparaît)

Si vous ne vous taisez pas immédiatement, vous allez finir comme cette pauvre Clarisse.

JOHN disparaît, réapparaît derrière l’homme qu’il tire en arrière. Surpris, l’homme lâche HELEN. JOHN égorge l’homme sans aucune pitié.


5. Extérieur, nuit, voiture

ASHLEY et WILL sont assis à l’arrière.

WILL

Pourquoi ne t’a-t-il pas trouvée ?

ASHLEY (tournant la tête)

Quoi ?

WILL

Le policier… la base de données…

ASHLEY

Ah oui, mon identité…

WILL

Plutôt ton absence d’identité.

ASHLEY

J’habite dans la petite boutique des horreurs, ma mère a 157 ans, mon père s’appelle Jack l’Eventreur et je chasse des monstres à longueur de journée. Tu ne penses pas que ce sont des raisons suffisantes pour éviter soigneusement d’attirer l’attention sur soi ?

WILL

L’attention oui, peut-être. Mais là il est question d’absence d’identité Ashley.

ASHLEY

Et alors ?

WILL

Alors comment peux-tu vivre normalement en sachant que tu n’as aucune existence légale ? D’ailleurs comment est-ce possible ? Je pensais que tout le monde était fiché.

ASHLEY

Je ne suis pas comme tout le monde, Will. (pause) Crois-moi, parfois, j’aimerai l’être mais ne pas avoir d’identité est… comment dire… libérateur.

WILL

Libérateur ? Je t’en prie Ashley. Il s’agit d’une crise identitaire permanente qui t’oblige à croire que tu n’as pas le droit d’exister vraiment aux yeux des autres. (pause) Ça pourrait expliquer beaucoup de choses.

ASHLEY

Qu’est ce que tu sous-entends ?

WILL

Que c’est un moyen pour toi de rester incontrôlable, de fuir toute relation normale et de disparaître à la première difficulté dès que tes émotions sont mises à rude épreuve.

ASHLEY

Pitié, épargne-moi la thérapie de groupe. Tu ne sais pas de quoi tu parles.

WILL

Ashley…

ASHLEY (l’interrompant)

Tu as raison sur un seul point, j’ai toujours été incontrôlable, alors ne me pousse pas à bout.

ASHLEY fixe WILL avec rage. WILL avale sa salive et détourne le regard il croise celui de BIGFOOT dans le rétroviseur.


6. Extérieur, nuit, rue Cauchois

JOHN se recule du corps de l’homme, tout en rangeant son poignard dans sa canne. Il relève alors la tête vers HELEN. Celle-ci se tient le cou. JOHN fait un mouvement vers elle mais HELEN lève sa main pour le garder à distance. JOHN s’immobilise.

JOHN

Tu n’as rien ?

HELEN

Tu t’inquiètes pour moi ? Quelle noblesse d’âme pour un homme qui souhaite me voir mourir de la main de ma propre fille.

HELEN lève son arme et le tient en joue. Le visage de JOHN se fend d’un sourire triomphant.

JOHN

Tu n’oseras pas m’abattre de sang froid.

HELEN

Tu veux vraiment me mettre au défi ?

JOHN s’avance calmement vers HELEN sans la quitter des yeux. HELEN a l’air à la fois déterminée et troublée.

HELEN

N’avance pas John…

JOHN

J’étais sincère Helen, à travers chaque mot que je t’ai murmuré, chaque caresse que je t’ai donné. Nous avons partagé des instants intenses, fusionnels, interdits comme s’ils étaient les premiers. Je sais maintenant que tu as encore des sentiments pour moi.

HELEN (troublée)

Ne fais pas ça John.

JOHN

Ne fais pas quoi Helen ?

JOHN colle sa poitrine contre l’arme d’HELEN. Il reste là sans bouger. HELEN le regarde douloureusement, comme hypnotisée.

HELEN

Ne nous fais pas de mal. (pause) Ce que tu espères est impossible tant que tu n’accepteras pas mon aide.

JOHN (avec rage)

Ce n’est pas d’aide dont j’ai besoin ! (pause) J’ai besoin de ma famille ! J’ai besoin de ma fille…

HELEN

Laisse-la en dehors de nous. Ashley est peut-être ta fille, mais elle n’appartient à personne.

JOHN (machiavélique)

Si ce n’est pas moi qui viens à elle, c’est elle qui viendra à moi. D’une manière ou d’une autre. Souviens-toi que nous sommes irrémédiablement liés.

HELEN (affligée)

Je ne te laisserai pas faire John.

JOHN (triomphant)

Nous nous reverrons Helen. Très bientôt.

JOHN disparaît dans un flash sans qu’HELEN ne fasse un seul geste pour l’en empêcher. Elle baisse lentement son arme en regardant douloureusement l’endroit où se trouvait JOHN. Elle semble désemparée.


7. Intérieur, nuit, bureau de Cavanaugh

L’inspecteur CAVANAUGH est penché sur un dossier, lorsque l’on frappe à la porte.

INSPECTEUR CAVANAUGH

Entrez !

La porte s’ouvre et WILL apparaît. Il ferme la porte derrière lui, et l’inspecteur CAVANAUGH relève alors la tête.

INSPECTEUR CAVANAUGH

Zimmerman.

WILL

Cavanaugh.

INSPECTEUR CAVANAUGH

Vous êtes venu pour Pizer ?

WILL (souriant)

Exact. (pause) Il est toujours votre principal suspect ?

INSPECTEUR CAVANAUGH

Plus maintenant. Nous l’avons relâché. La fameuse Emilie s’est présentée d’elle-même au commissariat ce matin pour signaler la disparition de son ami… Je vous le donne en mille.

WILL

Pizer. (souriant) Vous l’avez donc interrogée et elle a confirmé son alibi.

INSPECTEUR CAVANAUGH (souriant)

Exact. (pause) Vous aviez raison Zimmerman. Je vous dois des excuses.

WILL

Laissez tomber. Peut-être allez-vous vous décider à croire à l’intuition des psys ?

NSPECTEUR CAVANAUGH

Et risquer de passer pour un type encore plus dingue que vous ne l’êtes ? Oh non, je m’en voudrai de vous priver de ce monopole.

WILL

Il ne faut jamais dire jamais Cavanaugh.

L’inspecteur CAVANAUGH acquiesce tandis que WILL se retourne vers la porte, qu’il ouvre.

INSPECTEUR CAVANAUGH

Oh Zimmerman !

WILL entrebâille la porte et se retourne.

INSPECTEUR CAVANAUGH

À propos de votre amie…

WILL se fige et regarde intensément l’inspecteur CAVANAUGH.

INSPECTEUR CAVANAUGH

Je voulais juste que vous sachiez que j’ai fait arrêter les recherches. (pause) Maintenant, nous sommes quittes.

WILL adresse un sourire entendu à l’inspecteur CAVANAUGH qui le lui rend. WILL sort du bureau.


8. Intérieur, nuit, chambre d’Helen

HELEN est en train de défaire ses bagages. ASHLEY arrive et appuie son épaule contre l’encadrement de la porte.

ASHLEY

Comment se porte Catherine ?

HELEN

Comme un charme. (pause) Elle est vraiment surprenante et je…

ASHLEY (l’interrompant)

Puisque tu es rentrée, que tu sembles bien disposée, allons droit au but. Je te rappelle que tu me dois une explication.

HELEN

Ashley je t’en prie, pourrions-nous remettre cette discussion à plus tard ? Ce voyage était vraiment très éprouvant.

ASHLEY

Ne me fait pas ça maman. Ne te défile pas une fois de plus.

HELEN observe sa fille avec gravité. ASHLEY regarde sa mère avec détermination. HELEN prend une profonde inspiration sans la quitter des yeux.

HELEN

Le meurtrier que nous recherchions a commis trois assassinats à Paris. C’est pour cela que je suis partie, Catherine avait besoin de mes compétences pour le confondre. C’était un imitateur, un anormal qui a la capacité d’assimiler la physiologie d’un hôte. Il a donc assimilé celle de John Druitt, ce qui explique la similitude de leur mode opératoire.

HELEN et ASHLEY s’observent sans mot dire durant quelques secondes.

ASHLEY

Et c’est tout ?

HELEN

C’est tout.

ASHLEY

Je suis sûre qu’il y a autre chose.

HELEN ne répond pas et soutient difficilement le regard de sa fille. ASHLEY la fixe avec détermination.

ASHLEY

Où est-il maintenant ?

HELEN (troublée)

Qui ?

ASHLEY

L’imitateur.

HELEN

Mort. Je n’ai pas pu le sauver.

ASHLEY

Ah ? (pause) Et qui t’a sauvé toi ?

HELEN

Que veux-tu dire ?

ASHLEY

La marque sur ton cou. C’est bien celle d’une lame non ? J’imagine que tu n’as-tu pu t’en sortir seule et que…

HELEN (l’interrompant)

J’ai eu beaucoup de chance. Vraiment beaucoup de chance.

ASHLEY

J’ai la sensation que tu me caches quelque chose. (pause) S’il s’agissait de Druitt tu me le dirais n’est-ce pas ?

HELEN semble hésiter un instant puis sourit à sa fille avec douceur.

HELEN

Mais il s’agissait de lui Ashley. Je veux dire que toute cette histoire était irrémédiablement liée à lui puisque l’imitateur avait pris sa personnalité.

ASHLEY secoue la tête de dépit et pose ses mains sur ses hanches en observant sa mère avec suspicion.

ASHLEY

Alors John Druitt n’était pas le meurtrier.

HELEN

Non ma chérie.

ASHLEY

Donc tu avais raison.

HELEN (souriant)

Il semblerait.

ASHLEY (souriant)

Eh bien toutes mes félicitations.

ASHLEY et HELEN se sourient avec complicité quelques instants puis ASHLEY détourne le regard. HELEN observe sa fille avec inquiétude. ASHLEY tourne soudain les talons et s’apprête à sortir de la pièce.

HELEN

Ashley ?

ASHLEY s’immobilise sur le seuil de la porte sans se retourner.

ASHLEY

Maman ?

HELEN

Es-tu sûre que tout va bien ma chérie ?

ASHLEY se retourne vers sa mère et la fixe avec gravité. HELEN semble déstabilisée par son silence.

ASHLEY (après quelques instants)

Je sais qu’il est là, quelque part. Je peux presque le sentir.

HELEN (tristement)

Ashley…

ASHLEY (l’interrompant)

Selon toi, que va-t-il se passer lorsque ma route croisera à nouveau la sienne ?

HELEN est sur le point de répondre mais se contente de fixer douloureusement ASHLEY. Quelques secondes s’écoulent avant qu’ASHLEY ne quitte la pièce sans se retourner. HELEN fixe la porte, les yeux brillants puis baisse le regard.

vendredi 3 avril 2009

Episode 8, Webisode 3

Webisode 3



1. Extérieur, nuit, rue Whitechapel (flashback 30 septembre 1888)

Un homme marche à l’allure modérée dans la ruelle, son visage caché par un chapeau. Une femme marche également tranquillement. La femme se sent suivie et retourne plusieurs fois tout en avançant. Elle accélère le pas, apeurée. L’homme avance de plus en plus vite, son visage toujours caché. La femme continue d’accélérer le pas tout comme l’homme. Après quelques instants, l’homme la rattrape, l’encercle avec ses bras et plaque sa main sur son visage pour étouffer ses hurlements. La femme essaye de se débattre, en vain. L’homme l’entraîne dans l’obscurité. Au loin, HELEN assiste à la scène. Son visage est marqué par l’incompréhension et la peur. Les silhouettes de l’homme et de la femme se dessiner sur le mur en ombres chinoises. L’homme lève sa main droite laquelle tient un objet long et effilé. Il abat d’un coup sec sa main au niveau de la gorge de la femme qui s’écroule lourdement sur le sol. HELEN porte ses deux mains à sa bouche pour étouffer son cri puis prend la fuite. Dans sa hâte, elle heurte une bouteille en verre qui se trouvait par terre. Le bruit attire l’attention de l’homme qui sort brusquement de l’ombre. HELEN se cache sous le premier porche d’entrée d’immeuble et reste immobile. L’homme s’avance dans la lumière. Il s’agit de JOHN. Le visage fermé, il observe la ruelle quelques secondes, en attente. Au moment où il se retourne, de nouveaux bruits de pas se font entendre ainsi que quelques éclats de voix. JOHN, pris au dépourvu disparaît dans un flash vert-bleu. HELEN reste adossée à la porte sans bouger, les yeux clos, le souffle court, les deux bras le long du corps. Après quelques secondes, elle ramène ses deux mains contre son bas ventre en les crispant. Ses yeux sont remplis de larmes.


Générique


2. Intérieur, nuit, chambre d’Helen

CATHERINE arrive devant la porte ouverte. HELEN est au bureau en train de travailler. CATHERINE frappe doucement contre l’embrasure avant d’entrer dans la chambre. HELEN se retourne.

CATHERINE

Je viens de recevoir un coup de téléphone d’une amie. Il y a eu un nouveau meurtre. D’après les premiers éléments, il semblerait que votre connaissance ait récidivée.

HELEN

À quel endroit le corps a-t-il été découvert ?

CATHERINE

Rue Lepic, dans le 18ème arrondissement. La police est toujours sur place mais le cadavre de la femme vient d’être transféré à la morgue.

HELEN

Je dois absolument le voir. Pouvez-vous m’aider ?

CATHERINE

Je me doutais que vous voudriez l’examiner vous-même. J’ai donc pris la liberté de contacter un ami travaillant au Ministère de justice afin de vous obtenir les autorisations nécessaires. N’ayez crainte, il ne posera pas de questions gênantes, il est dans la confidence.

HELEN

Merci Catherine.

CATHERINE

Ne me remerciez pas. Nous œuvrons toutes les deux dans le même but. Vous auriez fait la même chose si vous aviez été à ma place.

Les deux femmes de sourient. CATHERINE fait un signe de tête à HELEN avant de sortir de la chambre.


3. Intérieur, nuit, bar

Tout le bar continue de se battre. WILL essaie d’éviter au maximum les coups, mais doit parfois en distribuer. ASHLEY se bat contre tous ceux l’attaquant, les envoyant presque facilement au tapis. Soudain la porte du bar s’ouvre et plusieurs policiers entrent, l’arme à la main.

POLICIER #1

POLICE ! PLUS UN GESTE.

Les bagarres se calment doucement. ASHLEY continue de se défendre contre son assaillant. Lorsqu’elle l’envoie au tapis, un second policier braque son arme sur elle.

POLICIER #2

LES MAINS EN L’AIR ! TOUT DE SUITE !

ASHLEY s’exécute tout en regardant WILL qui a l’air désemparé. Le policier #2 s’avance, les menottes en main.

POLICIER #2

Mettez doucement vos mains derrière la tête et tournez-vous très lentement.

ASHLEY ne bouge pas. Le POLICIER #2 semble s’impatienter. WILL trépigne.

POLICIER #2

Je vous conseille d’obtempérer sans opposer la moindre résistance et tout ira bien.

ASHLEY

Des promesses toujours des promesses !

ASHLEY se retourne pour frapper le POLICIER #2, mais WILL s’avance en criant.

WILL

Ashley non !

Les policier #1 et #2 les mettent tous les deux en joue. WILL s’arrête et remet les mains en l’air.

ASHLEY

C’est malin maintenant ils connaissent mon prénom !

POLICIER #2

Au prochain mouvement, je suis autorisé à tirer. Vous êtes prévenus.

WILL acquiesce doucement. Le policier #2 passe les menottes à ASHLEY et WILL, tandis que le policier #1 les maintient en joue. ASHLEY et WILL sont ensuite entraînés vers la sortie.

ASHLEY (regardant WILL avec agressivité)

Tu ne pouvais vraiment pas la boucler ?

Le policier #2 la pousse à l’extérieur.


4. Intérieur, nuit, chambre d’Helen

CATHERINE entre sans frapper, un papier en main. HELEN relève la tête.

CATHERINE (lui donnant les feuilles)

Ce sont vos autorisations. Elles viennent de me parvenir par fax.

HELEN

Je suis étonnée de la rapidité avec laquelle tu as obtenu ces documents.

CATHERINE

La bureaucratie française n’est pas toujours aussi efficace croyez-moi. Le tout est de savoir s’adresser aux bonnes personnes au moment opportun.

HELEN et CATHERINE se sourient avec complicité.

HELEN

Tu es pleine de ressources. C’est appréciable. Quand pourrais-je aller à la morgue ?

CATHERINE

Dès à présent si vous le souhaitez. Mon chauffeur est à votre disposition. Dans l’immédiat, je dois mettre mes compétences au service de cet ami, rue Lepic. À moins, bien entendu, que vous n’ayez besoin de mon assistance.

HELEN (souriant)

Tu as déjà fait beaucoup. Je saurai me débrouiller seule. Ne fais pas attendre ce précieux ami.

CATHERINE

Je vous le présenterai à votre retour.

HELEN (malicieuse)

J’y compte bien.

CATHERINE

Je vais immédiatement ordonner à Lester de préparer la voiture.

HELEN

Merci.

CATHERINE sort alors qu’HELEN se lève pour préparer ses affaires.


5. Intérieur, nuit, morgue

Une policière accompagne HELEN.

POLICIÈRE

Le corps est sur la table là-bas.

HELEN

Très bien.

POLICIÈRE

Je reste à l’extérieur. Si vous avez besoin de quoi que se soit appelez-moi.

HELEN

Merci beaucoup.

La policière acquiesce et sort.

HELEN s’approche de la table dans le fond de la pièce où le corps est allongé. HELEN pose ses affaires, mes des gants et s’approche du cadavre. Alors qu’elle va se pencher au-dessus, quelque chose attire son attention. Elle tourne la tête et découvre un rose rouge posée à côté des instruments chirurgicaux. Elle la prend et l’observe.


6. Extérieur, nuit, devant le bar

ASHLEY et WILL sont surveillés par deux policiers, lorsque le policier #2 revient.

POLICIER #2

Vous avez de la chance d’avoir des amis haut placés Docteur Zimmerman.

WILL

Que va-t-il se passer maintenant ?

Le policier #2 passe derrière WILL et le détache.

POLICIER #2

Rien du tout. Le barman a décidé de ne pas porter plainte contre aucun de vous deux. À l’avenir, évitez simplement de traîner dans les bars mal famés. Ça vous évitera ce genre d’ennuis.

Le policier #2 tourne les talons et fait un signe de tête au policier qui se tient à côté d’ASHLEY.

ASHLEY

Excusez-moi ? (pause) Hey ! Vous n’auriez pas oublié quelque chose ?

WILL (étonné)

Vous ne la relâchez pas ?

POLICIER #2

Tant que votre amie ne m’aura pas donné sa véritable identité, elle reste sous notre autorité.

ASHLEY

Quoi ? Vous vous foutez de moi ?

WILL

Du calme Ashley. (au policier) Que voulez-vous dire par « véritable identité » ?

POLICIER #2

Il n’existe aucune Ashley Magnus dans la base de données de l’état civil. Le dernier Magnus enregistré à l’adresse que vous nous avez indiquée était une certaine Helen, Docteur Helen Magnus plus précisément. Etant donné son année de naissance, il n’y a aucune chance que cette personne soit encore en vie. Alors si votre amie est bien une Magnus, elle n’est reconnue ni administrativement ni juridiquement. En d’autres termes, elle n’a aucune existence légale.

WILL (abasourdi)

Quoi ?

POLICIER #2 (souriant)

Votre amie n’existe pas Docteur Zimmerman.

Les policiers se mettent à ricaner. Pour toute réponse, le policier #2 se prend le poing d’ASHLEY dans la figure. Les deux autres sortent leur arme mais ASHLEY les désarme et finit par les assommer. WILL regarde ASHLEY avec incompréhension. ASHLEY hausse les épaules.

ASHLEY

Je me suis sentie… insultée. (pause) C’est plus fort que moi.

WILL (abasourdi)

Mais comment…

ASHLEY

Ne traînons pas ici !

WILL soupir désespérément. ASHLEY et WILL partent en courant.


7. Extérieur, nuit, boulevard de Clichy

HELEN marche en parlant au téléphone.

HELEN

Tu avais raison Catherine, les blessures sont identiques. Il y a donc de grandes probabilités qu’il s’agisse du même meurtrier… Non, pas dans l’immédiat, je dois vérifier quelque chose. Je viens à l’instant de renvoyer Lester car je me trouve à quelques rues de la scène du crime… J’avais besoin de marcher… Non, non, je dois l’examiner maintenant. Je trouverai peut-être quelque chose… Oui, inutile de t’inquiéter, je le rappellerai dès que j’aurai terminé. … À tout à l’heure.

HELEN raccroche et passe devant le Moulin Rouge.


8. Extérieur, jour, boulevard de Clichy (flashback 15 septembre 1888)

HELEN se promène au bras de JOHN.

HELEN (troublée)

John, cessez de me regarder ainsi. (pause) C’est si délicieusement inconvenant qu’il me semble que nous attirons sur nous tous les regards.

JOHN

Vous n’imaginez pas les pensées qui m’assaillent en cet instant. (pause) Helen si nous n’étions pas en public je crois que je…

HELEN

John !

JOHN

Je suis navrée de vous mettre dans l’embarras mais je vous trouve si rayonnante Helen, si épanouie…

HELEN (espiègle)

Il y a peut-être une raison à cela…

JOHN (l’interrompant)

Oui, il y en a une. Cette toilette française vous va tellement à ravir qu’elle semble avoir été dessinée pour vous.

HELEN

Vous avez encore fait des folies John. Vous me gâtez beaucoup trop. Comment pourrais-je vous remercier pour ce merveilleux présent ?

JOHN

Vous êtes à mon bras, c’est là ma seule récompense. Je peux ainsi me délecter du spectacle de votre resplendissante beauté tout en imaginant mille folles façons de lui rendre furieusement hommage.

HELEN

Réfrénez vos ardeurs John Druitt… vous ne m’aidez pas à contenir les miennes…

JOHN et HELEN s’observent amoureusement, le regard brûlant. HELEN détourne le regard en rougissant. JOHN se racle la gorge pour se redonner contenance.

JOHN

Êtes-vous sûre qu’il soit sage de laisser la direction de votre annexe parisienne à Anne ?

HELEN

Malheureusement je ne possède pas le don d’ubiquité et je me refuse à quitter Londres. Anne semble contrôler de mieux en mieux ses aptitudes et j’ai besoin de quelqu’un pour me seconder dans cette ville.

JOHN

Vous avez parfaitement raison. Paris possède également son lot de nécessiteux et Anne peut s’enorgueillir d’avoir appris du meilleur professeur qui soit.

HELEN (souriant)

Essayez-vous de me flatter pour obtenir plus promptement mes faveurs John Druitt ?

JOHN

Vous n’êtes pas faite pour être courtisée, Helen, mais pour être aimée… passionnément et intensément aimée.

HELEN (souriante)

John ! Je vous en prie. (pause) Vous êtes si…

JOHN (l’interrompant)

Amoureux ?

HELEN (troublée)

Ardent. (pause) John… Je voulais être sûre avant de vous l’annoncer mais… Je…

HELEN est subitement prise d’un vertige. Elle porte une main à son front, l’autre à son abdomen. JOHN la retient avec délicatesse pour l’empêcher de s’effondrer.

JOHN

Helen ! Vous vous sentez mal ?

HELEN

Ce n’est rien… Une petite faiblesse.

JOHN

Une petite faiblesse ? Dieu du ciel Helen, vous avez à nouveau failli perdre connaissance. C’est la troisième fois cette semaine. Que vous arrive-t-il ?

HELEN (souriant)

Je vous assure qu’il n’y a pas lieu de vous tourmenter. Je me sens déjà beaucoup mieux. (pause) Et je peux tout vous expliquer… Je dois vous dire quelque chose de très important…

JOHN (l’interrompant)

Ce quelque chose peut attendre. Je vous raccompagne immédiatement au manoir. Vous m’inquiétez vraiment, vous êtes si pâle.

HELEN (fermement)

John… S’il vous plait… Ecoutez-moi…

JOHN

Cette visite à Paris était une pure folie. Vous étiez déjà si fatiguée en quittant Londres, ce voyage aura certainement achevé de vous épuiser. Peut-être devrions-nous patienter encore quelques jours avant de retourner en Angleterre ?

HELEN (souriant)

John. (pause) Croyez-moi, ce n’est pas le voyage…

JOHN

Shhh, je vous en prie, économisez vos forces. Vous aurez tout le loisir de me conter cette chose qui semble si importante lorsque vous aurez retrouvé vos esprits dans le confort de vos appartements. (pause) Je vais faire appeler la voiture, il me semble que c’est plus prudent.

HELEN semble se résigner. JOHN dépose un baiser sur son front avec douceur. HELEN lui sourit avec tendresse puis le regarde s’éloigner. Elle pose délicatement une de ses mains sur son abdomen avec un air inquiet.


9. Extérieur, nuit, rue Lepic

HELEN est accroupie à l’endroit où le corps semble avoir été découvert. Elle observe le sol avec attention. Dans une rue perpendiculaire, un flash bleu-vert apparaît. JOHN s’avance. HELEN relève la tête et regarde droit devant. JOHN s’approche derrière elle en souriant.

HELEN (sans se retourner)

Je ne pensais pas que tu ferais l’erreur de revenir sur le lieu de ton forfait alors que la police est sur tes traces. (pause) Une fois encore, je crois que j’ai sous estimé ton audace.

HELEN se relève et se retourne. JOHN s’approche toujours.

JOHN

Je ne t’ai pas attirée à Paris pour subir ton mépris et ta rancœur, Helen mais pour te montrer la vérité. Un mot dont tu sembles pourtant avoir oublié la signification.

HELEN

Ne t’approche pas davantage John.

JOHN (continuant d’avancer)

Sinon quoi, Helen ?

HELEN sort son arme. JOHN sourit avant de disparaître et de réapparaître derrière HELEN. Il la désarme et pose sa lame sous sa gorge. HELEN ne bouge plus.